Entre 2006 et 2014, le nombre d’élèves de 3ème qui se sont dirigés vers l’apprentissage en France a chuté de 30 000 chaque année, note l'Insee. Explications.

Apprentissage, image d'illustration.
Apprentissage, image d'illustration. © Maxppp / Bruno Levesque

C’est l’une des priorités du gouvernement. La réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage doit être présentée à la rentrée, à partir de septembre, en même temps que la réforme de l’assurance chômage. L’apprentissage, basé sur le principe de l’alternance entre enseignement théorique en centre de formation des apprentis et formation pratique chez un employeur, est présenté comme l’une des solutions pour lutter contre le chômage. Selon le gouvernement, 7 apprentis sur 10 trouvent un emploi durable à la fin de leur formation. Mais l'apprentissage attire de moins en moins de jeunes.

Les collégiens fuient les filières professionnelles

Selon une étude de l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques, rendue publique ce mardi après-midi, le nombre d’apprentis a diminué de 9% depuis 2008. Ce nombre a augmenté de 48% dans l’enseignement supérieur entre 2008 et 2015, mais il a chuté de 24% dans l’enseignement secondaire, c’est-à-dire pour les CAP et les baccalauréats professionnels.

Les collégiens s’orientent donc de moins en moins vers les filières professionnelles. En 2014, 33,8% des élèves avaient choisi d’aller dans un lycée professionnel ou un centre de formation d’apprentis, contre 37,8% en 2006, soit une baisse d’environ 30 000 élèves par an.

Les raisons de cette hémorragie

La crise économique est passée par là. L’offre de places d’apprentissage est moindre. Mais le nombre de candidats est aussi en baisse.

Cela peut s’expliquer en partie par la diminution du nombre de redoublements. "De nos jours, 85% des jeunes en 3ème ont 14 ou 15 ans. A cet âge-là, les familles ont plus de difficultés à envoyer leurs enfants dans une entreprise", explique Philippe Zamora de la Dares, le service des études et statistiques du ministère du Travail. Un phénomène accentué sous le gouvernement précédent. La ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem avait pris en novembre 2014 un décret affirmant "le caractère exceptionnel du redoublement".

Mais le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé dans un entretien au Parisien, début juin, qu’il souhaite "autoriser à nouveau le redoublement" dès la rentrée prochaine, jugeant "absurde de laisser passer de classe en classe des élèves accumulant des retards".

Un risque de pénurie ?

Le nombre d'apprentis dans les entreprises est donc en baisse en France. "Si on prend les métiers traditionnels de l’apprentissage, on a perdu environ un emploi sur quatre entre 2008 et 2014, dans les hôtels, les cafés, les restaurants, les métiers de l’industrie et de l’artisanat", poursuit Philippe Zamora. Sur certains territoires, dans certains métiers, il y a déjà des pénuries. Dans le secteur du bâtiment, chez les coiffeurs et les esthéticiens par exemple, le nombre d’apprentis a chuté de 30% en 6 ans.

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