La population mondiale ne cesse de croître... Pour autant, les ressources de la planète ne sont pas illimitées - et on consomme déjà plus que de raison. Quelles sont nos options ?

L’élevage bovin, responsable en grande partie du massacre de la forêt amazonienne
L’élevage bovin, responsable en grande partie du massacre de la forêt amazonienne © Getty / Kim Schandorff

Selon les récents calculs de l'ONU, la Terre gagne chaque année 83 millions d'habitants. Si la population mondiale continue de se multiplier ainsi, nous serons trop nombreux pour vivre avec les ressources de la planète (déjà qu’il nous faut aujourd'hui plusieurs planètes par an pour subvenir à nos besoins)

Doit-on souhaiter pour autant qu’une vague d’épidémies mortelles s’abatte sur la planète ou que l’humanité instaure un régime des _Chasseurs de vieux_ comme celui imaginé par Dino Buzzati ? Non bien sûr. Pour autant, si la longévité est stable et qu’il n’y a pas d’épidémie… La natalité devient la principale variable de la courbe démographique. Doit-on alors arrêter de faire des enfants ?

Pourquoi l’humanité est-elle destinée à faire moins d’enfants ?

En Europe particulièrement, depuis plusieurs années déjà le taux de natalité est en dessous du seuil de reproduction, à 1,6 enfants par femme.

Et ailleurs ? Virginie Raisson explique au micro de Dorothée Barba :

La transition démographique que nous avons achevée en Europe est en cours en Afrique : la chute de la mortalité sera suivie plus tard de la chute de la fécondité. Ce phénomène-là a eu lieu d'abord en Europe, puis en Asie… Aujourd'hui, il a lieu en Afrique.

Elle ajoute : "La fécondité a chuté beaucoup plus rapidement en Asie qu'en Europe. À partir du moment où le niveau d'éducation s'élève, celle des filles notamment, et où la contraception devient disponible ; on voit les taux de fécondité chuter".

Selon les prévisions de l’ONU en 2050, un tiers de la population mondiale sera africaine. Et en 2100, la population mondiale sera essentiellement constituée d'Africains et d'Asiatiques :

Nos modes de vie sont-ils inadaptés à la planète ?

Dans le très intéressant 2038, les futurs du monde, Virginie Raisson note :

En réalité, la question du nombre des hommes masque celle - centrale et critique - du partage de la planète, c'est-à-dire de l’espace disponible et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de sa population.

Nous n'avons pas tous la même responsabilité dans cette pression biologique sur la planète… Interrogée au micro de Dorothée Barba, l’analyste en géopolitique prospective rappelle que l’empreinte écologique d’un individu varie considérablement d’un endroit à l’autre du globe :

Virginie Raisson souligne :

Est-ce que c'est à ceux qui en consomme le plus de réduire leur consommation ? Ou est-ce qu'on peut infliger à des femmes de ne pas avoir d'enfant au nom du fait que d'autres souhaitent garder leur mode de vie ?

Quelles actions sont envisageables ?

Le nombre de de personnes que la Terre peut nourrir dépend moins de variables démographiques que de régimes alimentaires. Pour Virginie Raisson, trois axes d'actions sont envisageables :

1 - Que chacun ne consomme que 2,5% de calories d’origine animale.

Virginie Raisson souligne d'ailleurs que "la production agricole mondiale actuelle permettrait déjà de répondre aux besoins alimentaires de 11.5 milliards d’habitants. En revanche, que l’humanité entière opte pour le régime des Européens ou des Américains en consommant 40% à 45% de produits animaux en moyenne, alors la production agricole actuelle ne suffirait pas à nourrir 4 milliards d’habitants".

2 - Qu’une politique d’Etat amène une réduction de la natalité.

C'est le choix qu'a fait la Chine au début des années 1960, avec sa politique de l’enfant unique. Mais, note Virginie Raisson, “pour qu’une telle mesure ait une portée significative, il faudrait qu’elle soit menée en priorité là où l’on consomme le plus de de protéines animales : en Europe ou Amérique du Nord (qui sont déjà ceux où la natalité est la plus basse)”

3 - Éviter le gaspillage alimentaire

Une option intéressante, notamment quand on sait que chaque européen jette, en moyenne, 175 kg de biens comestibles par an...

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