Les échanges Erasmus seront-ils encore possibles avec les Britanniques après le Brexit ? Autant briser le suspense tout de suite : on n’en sait pas grand chose. Seule certitude, les échanges en cours et débutés avant le Brexit seront financés jusqu’au bout.

Un drapeau européen replié par dessus un drapeau britannique.
Un drapeau européen replié par dessus un drapeau britannique. © Getty /

Faudra-t-il renoncer à faire son Erasmus au Royaume-Uni ? Peut-être, une fois que le Brexit sera acté. Mais “tout est compliqué” confie un acteur des échanges européens. Il y a surtout beaucoup d’incertitudes : sortie reportée ou pas, on ne sait pas précisément comment pourront s’organiser les échanges avec nos voisins d’outre-Manche et les étudiants français. 

Ce dont on est sûr

Sans aucun doute - l’agence Erasmus+ en France l’assure - les mobilités en cours ou débutées avant la sortie du Royaume-Uni seront financées “jusqu’à leur terme”, selon les informations recueillies par France Inter. Le plus souvent, il s’agit de six mois ou d’un an de présence à l’étranger pour les Français. Ils étaient l’an dernier 16 700 (dont 9 600 étudiants) contre 6 500 Britanniques (dont 4 700 étudiants) dans le sens inverse. 

Fin janvier, la Commission européenne a en effet adopté des mesures en cas de Brexit sans accord ou en cas de report. Il s’agit de permettre aux étudiants du programme de pouvoir achever leur séjour sans interruption après cette date. La Commission a également adopté des mesures concernant la sécurité sociale et les projets financés par le budget de l’Union européenne en cas de divorce brutal. 

Ce dont on est moins sûr

Les échanges ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain, certes, mais leur cadre va changer sans aucun doute. Une fois le Brexit acté, reste à savoir comment les rapports entre les deux pays seront établis. Les Britanniques pourraient rester dans le programme Erasmus+ en tant que pays partenaire, c'est-à-dire les pays qui ne sont pas dans l’Union mais qui jouissent d’un fort partenariat, comme par exemple l’Islande, la Turquie ou bien la Norvège. Cette hypothèse reste incertaine et sera, dans tous les cas, précisée dans l’accord de sortie. Mais “le contexte change tous les jours” se désole Lucas Chevallier, porte-parole de l’agence Erasmus+. Le site brexit.gouv.fr se tient toutefois à jour sur la situation

Autre éventualité, la signature d’un accord unilatéral entre chaque pays de l’Union et la Grande-Bretagne ou bien des accords entre établissements et universités de chaque côté de la Manche. “Les établissements britanniques ne vont pas disparaître et leurs relations avec les pays européens non plus, donc les échanges continueront mais sûrement sous d’autres formes et dans le cadre d’autres accords” rassure Lucas Chevallier qui cite l’exemple de la Suisse. Nos voisins helvètes ont quitté Erasmus en 2015 mais maintiennent et financent toujours des projets d’échanges. 

Reste que tout ça est encore très flou, raison pour laquelle l’Agence Erasmus+ en France conseille de s’orienter pour l’instant vers d’autres destinations : “Nous avons également encouragé nos porteurs de projets à regarder d’autres destinations que le Royaume-Uni, d’autres pays où l’on parle anglais dans les cours comme les pays scandinaves ou en Europe centrale”. 

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