Les échanges Erasmus seront-ils encore possibles avec les Britanniques après le Brexit ? Même si Londres comme Bruxelles veulent poursuivre le partenariat, l'issue des négociations reste incertaine. Seule garantie, les échanges en cours et débutés avant le Brexit seront financés jusqu’au bout.

Un drapeau européen replié par dessus un drapeau britannique.
Un drapeau européen replié par dessus un drapeau britannique. © Getty /

Faudra-t-il renoncer à faire son Erasmus au Royaume-Uni ? Peut-être, une fois que le Brexit sera effectif, c'est-à-dire après le 31 janvier à minuit. Mais “tout est compliqué” confie un acteur des échanges européens. Il y a surtout beaucoup d’incertitudes : on ne sait pas précisément comment pourront s’organiser les échanges avec nos voisins d’outre-Manche et les étudiants français. 

Ce dont on est sûr

Sans aucun doute - l’agence Erasmus en France l’assure - les mobilités en cours ou débutées avant la sortie du Royaume-Uni seront financées “jusqu’à leur terme”, selon les informations recueillies par France Inter. Le plus souvent, il s’agit de six mois ou d’un an de présence à l’étranger pour les Français. Ils étaient l’an dernier 16 700 (dont 9 600 étudiants) contre 6 500 Britanniques (dont 4 700 étudiants) dans le sens inverse. 

Fin janvier 2019, la Commission européenne a en effet adopté des mesures en cas de Brexit sans accord ou en cas de report. Il s’agit de permettre aux étudiants du programme de pouvoir achever leur séjour sans interruption après cette date. La Commission a également adopté des mesures concernant la sécurité sociale et les projets financés par le budget de l’Union européenne en cas de divorce brutal. En mars, Londres et Bruxelles ont prolongé leur partenariat dans le cadre de ce programme.

Ce dont on est moins sûr

Dès la fin de l'année universitaire (et même dès le deuxième semestre, pour les séjours de six mois), la question devient plus épineuse. Les échanges ne vont pas s’arrêter du jour au lendemain, certes, mais leur cadre va changer sans aucun doute. Une fois le Brexit effectif, reste à savoir comment les rapports entre les deux pays seront établis - une question qui pour l'heure n'a pas été tranchée. Les Britanniques pourraient rester dans le programme Erasmus en tant que pays partenaire, c'est-à-dire les pays qui ne sont pas dans l’Union mais qui jouissent d’un fort partenariat, comme par exemple l’Islande, la Turquie ou bien la Norvège. 

Londres a fait part de son intention de rester dans le programme Erasmu, et l'Union européenne y est favorable. Mais les conditions financières de ce partenariat ne sont pas encore réglées. Or - on l'a vu à plusieurs reprises tout au long du "feuilleton Brexit" - les négociations peuvent achopper, en particulier sur le volet financier, et faire capoter le partenariat. Rien n'est donc encore certain. Exemple de ce genre de rebondissements : le 9 janvier dernier, l'opposition a déposé un amendement au projet de loi de ratification de l'accord sur le Brexit à la Chambre des communes. Cet amendement prévoyait justement que le Royaume-Uni soit forcé à rester dans le programme d'échanges. Il a pourtant été rejeté. 

Autre éventualité, la signature d’un accord unilatéral entre chaque pays de l’Union et la Grande-Bretagne ou bien des accords entre établissements et universités de chaque côté de la Manche. “Les établissements britanniques ne vont pas disparaître et leurs relations avec les pays européens non plus, donc les échanges continueront mais sûrement sous d’autres formes et dans le cadre d’autres accords” rassure Lucas Chevallier qui cite l’exemple de la Suisse. Nos voisins helvètes ont quitté Erasmus en 2015 mais maintiennent et financent toujours des projets d’échanges. 

Reste que tout ça est encore très flou, raison pour laquelle l’Agence Erasmus en France conseille de s’orienter pour l’instant vers d’autres destinations : “Nous avons également encouragé nos porteurs de projets à regarder d’autres destinations que le Royaume-Uni, d’autres pays où l’on parle anglais dans les cours comme les pays scandinaves ou en Europe centrale”. 

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