Alors que les blocages se poursuivent par endroits ce mercredi, Édouard Philippe s’est dit prêt à recevoir une “délégation représentative” des “gilets jaunes”. Ces derniers jours, le mouvement s'est organisé, désignant des représentants. Quelles sont leurs revendications ?

Priscilla Ludosky et Éric Drouet à la sortie de l'entrevue avec François de Rugy, le 27 novembre
Priscilla Ludosky et Éric Drouet à la sortie de l'entrevue avec François de Rugy, le 27 novembre © AFP / Jacques Demarthon

Une femme, un homme, entourés d’une nuée de micros, sous une pluie battante. Priscilla Ludosky et Éric Drouet sont deux des huit porte-paroles qui ont été désignés pour dialoguer avec François de Rugy. Mardi 27 novembre au soir, le ministre de la Transition écologique a reçu les deux “gilets jaunes”, sur demande d’Emmanuel Macron qui dévoilait le matin même les axes précis de la transition écologique pour les prochaines années. 

À l’issue de cet entretien avec le ministre, Priscilla Ludosky et Éric Drouet ont exposé aux médias présents sur place, dont France Inter, quelques-unes de leurs revendications : La création d’une assemblée citoyenne, la suppression de la taxe carbone ou de la TICPE, et beaucoup d’autres choses qui touchent au pouvoir d’achat”, selon Priscilla Ludosky. 

La transition écologique, c’est une infime partie des revendications que les gens ont sur le terrain. C’était la surtaxe de trop - Éric Drouet

Si les deux “gilets jaunes” n’ont pas davantage détaillé leurs exigeances, un document daté du 26 novembre dernier, que l'on trouve sur une des pages Facebook du mouvement, dresse une liste complète de propositions faites par les "citoyens français manifestants". Il s'agit visiblement du cahier de doléances transmis mardi soir à François de Rugy, que BFMTV affirme ce mercredi matin avoir pu consulter.

La liste des "propositions" des "gilets jaunes"
La liste des "propositions" des "gilets jaunes" / DR / Facebook

Parmi les réclamations, trois grands axes : la transition écologique, la vie politique et le pouvoir d'achat. Voici en détail quelques-unes des demandes :

  • Une consultation plus fréquente du peuple par référendum national et local
  • La suppression du Sénat
  • La promulgation des lois par les citoyens, et non plus par le Président de la République comme c’est le cas actuellement
  • La reconnaissance du vote blanc, mesure régulièrement réclamée à l’approche des élections, mais jamais mise en place 
  • La baisse des charges patronales
  • La hausse des aides publiques pour l’embauche en CDI et la hausse du SMIC
  • Le respect de la parité salariale homme/femme
  • L’augmentation des retraites et des aides financières aux étudiants, notamment l’APL (qui a baissé de 5 euros en 2017)
  • Un calcul identique de retraite pour tous les Français
  • La réduction du train de vie des élus : une baisse du salaire des ministres, la suppression des avantages de fin de mandat, le contrôle des notes de frais des élus
  • La présence physique obligatoire des députés à l’Assemblée nationale. 

En ce qui concerne la suite du mouvement, les deux représentants des “gilets jaunes”, insatisfaits de leur entrevue avec François de Rugy, précisent qu’un nouveau mouvement parisien est prévu samedi prochain, 1er décembre. “On a envoyé une déclaration de rassemblement citoyen sur les Champs-Élysées”, a précisé Priscilla Ludosky. 

La légitimité des représentants du mouvement mise en doute

Par ailleurs, les deux porte-parole ont réclamé une nouvelle réunion avec un porte-parole du gouvernement ou le Premier ministre. Édouard Philippe y a répondu mercredi : il se dit prêt à recevoir une “délégation représentative” de “gilets jaunes”, selon ses mots. Mais la représentativité du mouvement reste justement à déterminer. “On incite chaque région à nommer un représentant, pour que l’on puisse avancer”, ont expliqué les deux représentants.

Sur les réseaux sociaux, les huit porte-paroles du mouvement sont loin de faire l'unanimité au sein même des “gilets jaunes”. “Ils n’ont aucune légitimité pour parler au nom des gilets jaunes”, “Aucun ne me représente”, peut-on lire par exemple. “QUI a désigné ces candidats, et surtout OU et COMMENT ?” s’interroge un internaute. “Un, deux, trois, soleil… Ce sera toi qui sera porte-parole”, ironise un autre.

Sur l’événement Facebook “Acte 3 Macron démissionne”, qui appelle au rassemblement du 1er décembre, un sondage publié le 26 novembre interroge : “Vous êtes nombreux à nous avoir exprimé votre étonnement suite à la désignation d'une délégation de 7 gilets jaunes, sans consultation. QU'EN PENSEZ-VOUS ?”

Le résultat est parlant : avec près de 19 000 votes en deux jours, la réponse dominante est “Il ne faut pas désigner de porte-paroles”. Comparativement, ils ne sont que 3 000 à déclarer “Les 7 gilets jaunes désignés me conviennent très bien” et 1 600 à estimer qu’il faudrait tirer au sort dix représentants, en plus des initiateurs du mouvement.

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