À compter de lundi, le masque redevient obligatoire dans les lieux publics clos, a annoncé samedi Olivier Véran, ministre de la Santé. Invité du journal de 13h ce dimanche, Éric Caumes, épidémiologiste à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, a rappelé qu'il était important de reprendre de bonnes habitudes de protection.

Eric Caumes, le 13 mars dernier dans les studios de France Inter
Eric Caumes, le 13 mars dernier dans les studios de France Inter © Radio France

FRANCE INTER : Était-il vraiment nécessaire d'avancer la date du port obligatoire du masque, d'abord annoncée pour le 1er août ? 

PR. ÉRIC CAUMES : "Je pense que c'est une bonne nouvelle, d'avoir avancé la date. Ce que je ne comprenais pas, c'était au contraire pourquoi attendre le 1er août pour imposer cette mesure qui relève du bon sens, et qui d'ailleurs était en vigueur au moment où l'on a déconfiné".  

La mesure est selon vous nécessaire, les signes sont inquiétants sur le territoire ? 

"Le constat est unanime pour la plupart d'entre nous : plusieurs signaux nous alertent, avec des clignotants qui s'allument en rouge au fur et à mesure que le temps s'écoule, et dans les différentes régions de France.  

Il est clair que ce qui se passe à Barcelone [où les habitants ont été invités à se reconfiner eux-mêmes, ndlr] doit nous inciter à la modestie et à la prudence, parce que si l'on n'y prend pas garde, il pourrait nous arriver la même chose. Quant aux signaux alarmants en France, le premier d'entre eux, c'est le nombre de consultations de médecine générale pour Covid. Les médecins généralistes nous alertent depuis quelques jours pour nous dirent qu'ils voient de plus en plus de cas de Covid, ce qui correspond aussi à ce qu'on voit aussi dans nos services d'urgence, au niveau des appels au Samu, ainsi que dans les services d'hospitalisation voire de réanimation : des patients commencent à rentrer à nouveau en réanimation avec le Covid".  

En Mayenne, l'Agence Régionale de Santé a visiblement fermé plusieurs centres Covid le mois dernier. Des médecins généralistes s'en sont offusqués. A-t-on crié victoire trop vite en imaginant qu'on était tiré d'affaire jusqu'à l'automne ? 

"Je crois qu'il y a eu effectivement un relâchement un peu prématuré, de la part de nos autorités, qui n'ont pas forcément montré le bon exemple. Je fais allusion à la soirée électorale du deuxième tour des municipales, où on ne peut pas dire que les mesures barrières ont été respectées. 

Je crois qu'on n'a pas donné le bon exemple au niveau du port du masque et du respect des mesures barrières. Il faut absolument se ressaisir, il fallait continuer sur la lancée de ce qu'on faisait au moment où l'on a déconfiné".  

À Mattaincourt, dans les Vosges, 34 cas ont été détectés cette semaine dans une maison d'accueil spécialisée. Le maire a décidé de reconfiner tous les résidents. C'est anecdotique, ou c'est un exemple à suivre ? 

"Ce n'est pas anecdotique. C'est un très bon réflexe épidémiologique que d'avoir procédé à ce reconfinement. Malheureusement, je crois qu'il y a d'autres régions de France où cela va arriver. En Mayenne aussi, il semble que ce soit la même chose dans certains Ehpad. Il faut être très vigilants, pour protéger nos anciens".  

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