Ce mardi, le médiateur de l'énergie a fait part de son inquiétude : ses services reçoivent de plus en plus de demandes venant de consommateurs privés d'électricité ou de gaz suite à des impayés, avec une augmentation jusqu'à 18% sur un an.

Un compteur électrique (photo d'illustration)
Un compteur électrique (photo d'illustration) © Radio France / Catherine Grain

La situation de la précarité énergétique en France progresse : ce mardi, le médiateur de l'énergie a fait part de son inquiétude. "_Le médiateur observe une hausse des sollicitations de consommateurs en situation d'impayés_, et craint qu'en 2019, le nombre d'interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance, dépasse les 572 440 réalisées en 2018", explique un communiqué publié ce mardi.

En effet, hors de la période de trêve hivernale, qui commence le 1er novembre et se prolonge jusqu'au 31 mars, les fournisseurs d'électricité ou de gaz peuvent réduire ou couper totalement l'approvisionnement en énergie d'un foyer si celui-ci n'a pas payé ses factures, et au terme d'une procédure prévoyant l'envoi de deux courriers de relance et la possibilité de saisir le fonds de solidarité pour le logement. 

Des hausses inquiétantes

Ainsi, selon les chiffres provisoires du premier semestre 2019, le nombre d'interventions suite à des impayés a augmenté de 18% pour l'électricité et de 10% pour le gaz naturel, par rapport à la même période en 2018. "L'augmentation des interventions pour impayés depuis le début de l'année m'inquiète : j'appelle les fournisseurs à un meilleur accompagnement de leurs clients en difficulté, en les informant sur les aides disponibles et leurs recours", explique le médiateur Jean Gaubert. Sur les trois premiers trimestres, 372 demandes de médiation ont été déposées sur le site du médiateur national de l'énergie, soit plus du double de l'année dernière. 

Selon les services du médiateur, les situations des personnes qui font une demande après avoir été privées d'énergies sont souvent similaires : des logements énergivores, des factures de régularisation élevées, des recours mal connus. Invité mardi du journal de 13h de Bruno Duvic, Jean Gaubert a déclaré : 

"Il y a peu de gens malhonnêtes : ceux qui ne paient pas sont ceux qui ne peuvent pas payer"

"Les gens les plus concernés ont une double peine : comme ils ont peu de revenus ils occupent des habitations où les loyers sont moins élevés, souvent des logements-passoires, et donc ils ont des factures plus élevées", explique-t-il, ajoutant que cela peut aussi entraîner des problèmes de santé. 

Les services recommandent ainsi, en cas de difficultés à payer, de contacter en premier lieu son fournisseur pour obtenir un échéancier de paiement, mais aussi des services sociaux, pour faire un point sur les recours et les aides possibles : "Il y a le chèque énergie de 200€, mais aussi le fonds social logement, ou encore des aides distribuées par les mairies", prévient Jean Gaubert, d'autant plus que selon lui, le nombre de coupures va augmenter d'ici à la trêve hivernale.  

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