On l'appelle "la précarité énergétique". C'est l'un des domaines dans lesquels frappe la pauvreté: 12 millions de français auraient du mal à payer leur facture de fioul, de gaz ou d'électricité. En cause: la modestie des revenus et le mauvais état de millions de logements en France.

La précarité énergétique: même pour ceux qui ont un toit
La précarité énergétique: même pour ceux qui ont un toit © Maxppp / Julio Pelaez

C’est l’un des effets les plus connus désormais de la progression de la pauvreté dans notre belle République : de plus en plus de français renoncent à des soins médicaux faute de moyens pour les payer.  

Mais la santé n’est pas le seul domaine où le manque de moyens oblige au sacrifice. L’énergie en est un autre. Il y a quelques jours, le gouvernement a présenté son plan hivernal pour l’accueil des personnes sans abri.

Mais ceux qui n’ont pas de toit ne sont pas les seuls à souffrir du froid en hiver. 12 millions de français auraient du mal à payer leur facture de fioul, de gaz ou d’électricité, selon une étude de l’observatoire National de la précarité énergétique. Une facture qui explose souvent en raison de la très mauvaise isolation des bâtiments. 

Des millions de logements en France sont de véritables passoires thermiques. Le phénomène est d’une telle ampleur que le gouvernement a annoncé un programme de rénovation de  500 000 logements par an  jusqu’à la fin du quinquennat.

Cette porosité énergétique des bâtiments mal isolés n’est pas anecdotique : l’habitat engloutit chaque année presque la moitié de nos dépenses d’énergie. Conséquence : l’an passé, plus de 600 000 foyers ont subi des coupures de lumière ou de chauffage pour impayés. 

On estime que plus de 2 millions et demi de français vivent dans ce que l’on appelle "la précarité énergétique". 

L’an passé, plus de 600 000 foyers ont subi des coupures de lumière ou de chauffage pour impayés. 

Depuis 2013, la trêve qui empêche les expulsions de locataires non solvables en hiver s’est étendue à la fourniture d’énergie : 

En principe, entre novembre et mars, l’occupant d’une habitation ne peut plus subir de coupure le gaz ou l’électricité pendant la période hivernale.

Un reportage de Vanessa Descouraux pour Interception à écouter ici 

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