Se faire livrer un repas à défaut de pouvoir aller au restaurant, faire ses courses sur Internet, commander une robe par correspondance... Est-ce toujours possible et sûr en période d'épidémie de Covid-19 ? France Inter fait le point.

Pour l’infant, les livreurs sont encore dans nos rues
Pour l’infant, les livreurs sont encore dans nos rues © Radio France / Ruddy Guilmin

Il est toujours possible de se faire livrer un burger ou des sushis. Face à l'épidémie de coronavirus, un décret interdit aux restaurants de recevoir du public "mais ils peuvent rester ouverts soit pour livrer en direct à domicile, soit pour passer par les applications de livraison de repas", a confirmé ce lundi sur franceinfo Cédric O, le secrétaire d'État en charge du numérique. Il a précisé que "la plupart des plateformes ont systématisé la livraison sans contact" afin de minimiser les risques pour le livreur et le client.

Un "guide de précautions sanitaires"

Le gouvernement, comme Bruno Le Maire s'y était engagé, a édicté lundi un "Guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile" : des règles plus contraignantes pour les livreurs et les restaurateurs que pour les plateformes. Le restaurateur doit aménager une "zone de récupération" des repas "distincte de la cuisine", pour éviter tout contact entre cuisiniers et livreurs et faire appliquer les "gestes barrières" au personnel, qui ne doit pas se rendre au travail en cas de symptômes (fièvre, toux...).  

Le restaurateur doit aussi apporter une attention particulière au "nettoyage et à la désinfection de toutes les surfaces et ustensiles en contact avec la nourriture", et veiller à ce que les sacs contenant les repas soient "correctement fermés".

La livraison "sans contact"

De leur côté les entreprises de livraison de repas à domicile se veulent rassurantes : il n’est pas question d’arrêter cette activité, d’autant que la demande des clients serait en augmentation. Elles imposent désormais à leur personnel ainsi qu’à leurs clients la livraison "sans contact" à l’image de Frichti, qui avait proposé dès la semaine dernière cette mesure de sécurité. Le système est simple : le livreur dépose la commande sur le pas de la porte, sonne et le client peut récupérer sa commande.

Par ailleurs, l’entreprise annonce que les délais de livraison vont passer de 20 minutes à une heure.

Uber Eats, plateforme de livraison de repas à domicile, met aussi en place des mesures de précaution.
Uber Eats, plateforme de livraison de repas à domicile, met aussi en place des mesures de précaution. / Louis-Valentin Lopez

La grande distribution s'organise aussi

Un allongement des délais de livraisons, c’est aussi ce qu’imposent les enseignes de la grande distribution et leurs plateformes de vente en ligne. Mais pas question, là encore, d’arrêter l’activité.

Plusieurs marques, comme Monoprix, proposent désormais un système de livraison gratuite pour les personnes âgées et les personnes fragiles, qui pourront également passer commande par téléphone (on peut bien entendu supposer que ces prestations seront remises en cause en cas de confinement plus stricte.)

Plus compliqué de se faire livrer d'autres produits

En revanche les commandes pour des livraisons à domicile d’autres produits, comme les vêtements ou les livres, risquent de devenir plus délicates. En effet il est probable que le nombre de livreurs disponibles chez les prestataires qui travaillent pour les géants du secteur comme Chronopost va diminuer dans les prochains jours, ce qui pourrait allonger les durées de livraison. 

Se posera aussi la question de la mise à disposition des colis. À la Poste, on explique que sur 8 000 bureaux seuls 1 000 vont demeurer ouverts. Quant aux consignes automatiques d’Amazon ou de la Fnac, elles ne devraient majoritairement plus être accessibles car se elles se trouvent dans des centres commerciaux par définition fermés.

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