Depuis les séries d'attentats de 2015 comment la tolérance à l'égard des religions a-t-elle évolué chez les lycéens ? Les résultats de l'enquête réalisée par l'association Coexister sont rassurants.

Les préjugés des lycéens persistent, mais moins nombreux que ceux à quoi on pouvait s'attendre.
Les préjugés des lycéens persistent, mais moins nombreux que ceux à quoi on pouvait s'attendre. © AFP / GODONG / BSIP

Si certains préjugés sont particulièrement tenaces et se renforcent même, pour une minorité d'élèves, la compréhension progresse pour le plus grand nombre explique Samuel Grzybowski, fondateur de l'association Coexister, née de l'engagement de jeunes après les attentats d'il y a deux ans : "on constate une majorité qui devient de plus en plus bienveillante et une minorité qui devient de plus en plus violente. Les deux augmentent en même temps, mais les bienveillants sont plus nombreux et prennent le dessus". 

L'enquête a été réalisée lors d'ateliers auprès de 2 000 lycéens de différents quartiers sur l'ensemble du territoire. Avant de commencer l'atelier, les jeunes ont dû remplir un questionnaire et associer trois mots de leur choix à une série de convictions.

Dans l'énorme base de données lexicale recueillie, on observe pour beaucoup une exactitude des termes choisis, mais surtout une bienveillance majoritaire qui n'avait pas été constatée auparavant, confie le fondateur de Coexister : "par exemple quand on a commencé l'atelier, on n'aurait pas vu, comme aujourd'hui, en cinquième position le mot 'dieu' associé à l'Islam par des non musulmans."

Les préjugés, parfois violents, sont présents

Les préjugés n'arrivent - et c'est une surprise - qu'à partir de la 15e position dans la liste des mots répertoriés avec par exemple "radin" associé au judaïsme : "un mot qu'on retrouve systématiquement" regrette Samuel Grzybowski qui notre que "dans chaque classe une ou deux personnes associent l'adjectif 'radins' à Juifs." 

Pour l'Islam on trouvera "terrorisme" et "attentats" en 17e et 18e position.

Pour les catholiques, "le 1er préjugé, n'est pas très violent, c'est 'coincé', suivi de 'vieux' et 'mensonge', ils arrivent en 30, 31 et 32 positions" explique Samuel Grzybowski. On constate des préjugés aussi, mais pas négatif pour l'athéisme.

Des stéréotypes bien ancrés pour un petit nombre, mais avec parallèlement des lycéens qui majoritairement ont appris à les déconstruire.  Une enquête qui note encore beaucoup de méconnaissance ou même d'ignorance.

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