Ce lundi, les chercheurs mobilisés sur la “cohorte ELFE” présentent les premiers résultats d’une étude commencée en 2011… et qui va durer jusqu’en 2031.

En 2011, les parents de nouveaux-nés se sont vus proposer de participer à cette étude sur vingt ans
En 2011, les parents de nouveaux-nés se sont vus proposer de participer à cette étude sur vingt ans © Maxppp / PhotoPQR / La Voix du Nord

Ce lundi, des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (Ined) et de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) organisent une journée de synthèse pour présenter les premiers résultats de l’étude qu’ils mènent depuis six ans sur la cohorte Elfe.

Mais qu’est-ce que c’est, au juste, la cohorte ELFE ?

Derrière cet acronyme, il faut lire “Etude longitudinale française depuis l’enfance”. Une étude qui se focalise sur près de 20.000 enfants nés en France en 2011 (la “cohorte”), et qui vont être suivis jusqu’à l’âge adulte. C’est une première en France.

L’idée est venue de Grande-Bretagne : là-bas, des cohortes de nouveaux-nés sont suivies depuis longtemps. “Pour les sociologues, les psychologues, les démographes, c'est un outil nouveau dans un pays comme la France. Ca permet de comprendre ce qu'est un enfant, comment il grandit, comment son point de vue sur les autres se compose”, explique Bertrand Geay, directeur adjoint de l’étude, sur le site consacré à l’Elfe.

A quoi ça sert ?

Suivre une cohorte de nouveaux nés sur une longue durée est une source incomparable d’informations pour comprendre les liens entre les conditions de naissance, de vie, d’habitation d’un enfant et leurs conséquences à l’âge adulte. Depuis six ans, 150 chercheurs travaillent sur la cohorte française, dans des branches différentes.

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Ainsi, des sociologues par exemple travaillent à comprendre en quoi les inégalités sociales ou le caractère monoparental d’une famille peuvent influencer les trajectoires scolaires. Des médecins travaillent aussi sur l’enquête : ils étudient notamment les liens éventuels entre l’alimentation de la mère et son exposition aux polluants.

Comment ça marche ?

En 2011, sur plusieurs jours, toutes les mamans qui ont accouché dans certaines maternités tirées au sort ont été approchées par les enquêteurs ELFE, la plupart du temps des sages-femmes. Celles qui ont accepté de participer à l’étude ont dû répondre à un questionnaire, accepter que des informations soient prélevées dans le dossier médical, et installer dans la chambre de l’enfant un capteur en forme de lingette chargé de repérer la présence d’allergènes.

Jusqu’à l’âge de cinq ans et demi, les enquêteurs sont entrés en contact six fois encore avec les enfants et leurs parents, par téléphone ou via des questionnaires, sur des sujets divers (alimentation, éducation, activité des parents, etc.). A l’âge de trois ans et demi, chaque enfant a également rencontré un enquêteur pour la première fois pour un jeu permettant de renseigner l’étude sur le développement cognitif des enfants.

Quels résultats ?

Faute de recul pour l’instant, les premiers résultats en matière de santé porteront surtout sur les observations liées à la grossesse de la mère et à ses choix d’allaitement.

A partir de prélèvements biologiques de sang, d’urine et de cheveux, on a pu établir par exemple que la majorité des polluants (bisphénol A, phtalates, métaux) sont présents chez presque toutes les femmes enceintes, y compris des polluants interdits ou restreints en France.

Et ensuite ?

Les enfants continueront à être suivis tous les ans, puis de façon un peu plus espacée jusqu’à leurs 20 ans. Vers l’âge de huit ans, ils seront soumis à un examen approfondi dans un lieu médical - qui permettra notamment d’ajuster la courbe de croissance moyenne des Français. C’est là que l’enfant répondra lui-même pour la première fois à un questionnaire.

Les entretiens téléphoniques, questionnaires et rencontres se succèderont ainsi jusqu’en 2031.

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