En 2020, 23,7% des 18-75 ans (soit près d'un adulte de cette tranche d'âge sur quatre) dépassaient les repères de consommation d'alcool, d'après une étude de Santé publique France.

Ces chiffres de dépassement des repères de consommation d'alcool n'ont pas significativement évolué depuis 2017.
Ces chiffres de dépassement des repères de consommation d'alcool n'ont pas significativement évolué depuis 2017. © AFP

Les Françaises et les Français boivent-ils trop ? En 2020, selon le dernier baromètre de Santé publique France, 23,7% des 18-75 ans interrogés, soit quasiment une personne sur quatre, déclarent consommer de l'alcool au-delà des repères à moindre risque fixés par l'organisme. Les hommes (33,2%) sont davantage concernés que les femmes (14,7%). Ces chiffres n'ont pas significativement évolué depuis 2017, note la publication, même si les résultats pourraient avoir subi l'influence du confinement en 2020, obligeant à la réalisation d'interviews pendant l'été 2020, et être donc légèrement surestimés.

Depuis 2017, de nouveaux repères de consommation d'alcool à moindre risque ont été définis par Santé publique France et l'Institut national du cancer. "Pour limiter les risques pour la santé au cours de sa vie", le groupe d'expert des deux organismes indique qu'il ne faut pas consommer plus de dix verres standard par semaine et pas plus de deux verres standard par jour ; d'avoir aussi des jours dans la semaine sans consommation. 

Pas spécialement envie de réduire sa consommation

Parmi celles et ceux qui déclarent dépasser les repères de consommation, les hommes surclassent largement les femmes dans l'excès d'alcool. Si le dépassement des repères est assez homogène en fonction de l'âge, les comportements sont différents avec, chez les plus jeunes, une consommation moins fréquente mais en plus grande quantité que leurs aînés, note Santé publique France. 

Cette consommation au-delà des repères varie assez peu, selon l'étude, sur le plan socio-démographique. Toutefois, certaines populations (les femmes ayant un diplôme élevé, les hommes au chômage et les personnes ayant des revenus élevés) sont plus susceptibles de dépasser les repères de consommation. 

Ces données doivent, pour SPF, être prises en compte pour améliorer le ciblage des actions de prévention, notamment sur l'accessibilité de l'alcool et la publicité. D'autant que le lien entre alcool et risque de cancer est clairement identifié et que, pourtant, seuls 23% des consommateurs au-delà des repères déclarent avoir envie de réduire leur consommation. "Le travail de débanalisation est rendu à la fois indispensable et très difficile du fait de la puissance du marketing déployé par les industriels", dit la publication.