L'accès à un hôtel Formule 1, qui a été transformé en centre d'accueil pour migrants, a été muré dans la nuit de dimanche à lundi par des habitants du quartier

Derrière le mur, le chemin qui mène au Formule 1 de Sémeac
Derrière le mur, le chemin qui mène au Formule 1 de Sémeac © Radio France / Alain Gastal

L'action a été menée durant la nuit de dimanche à lundi. Des commerçants et des habitants du quartier de Séméac, dans la banlieue de Tarbes, où est situé l'hôtel Formule 1 transformé en centre d’accueil pour migrants, ont construit un mur de près de 20 mètres de long et d’une hauteur d’un 1,80 mètres, pour en empêcher l'accès. Les opposants veulent protester contre la venue de migrants dans ce quartier qu’ils décrivent comme "résidentiel".

Cet hôtel Formule 1 fait partie des 62 établissements premier prix appartenant au groupe AccorHotels rachetés par la SNI (filiale de la Caisse des Dépôts) pour devenir des structures d'hébergement et d'accueil, gérées par Adoma (ex-Sonacotra). La remise des clefs entre AccordHotel et Adoma doit avoir officiellement lieu mardi matin.

La prefecture dit être "mobilisée pour mettre fin à cette situation de blocage le plus vite possible et dans les meilleures conditions", mais le mur a été construit sur un terrain qui permet l’accès à l'édifice et qui appartient à un particulier. Son érection a été autorisée par la Mairie. Le Préfet devra donc obtenir une décision de justice pour l'abattre, ce qui retardera d'autant l'arrivée des migrants.

Selon les opposants le projet de Sémeac a été monté "sans aucune concertation" avec la population locale, et dans "la précipitation". C’est en mars dernier que les salariés de l'hôtel avaient appris que la vente du bâtiment et son futur usage.

Laurent Teixeira, responsable du Collectif Séméac, qui regroupe les opposants au projet explique ne pas être contre le principe de l'accueil : "Il faut faire quelque chose pour ces personnes en difficulté", a-t-il expliqué, "mais il faut prendre également en compte les citoyens.""Rien n'est prévu pour la vie au quotidien des migrants et des habitants de la commune et les structures municipales, comme les cantines et écoles, sont sous-dimensionnées", estime-t-il.

Les futurs résident de Sémeac devaient arriver en août. Environs 80 personnes dont beaucoup d'enfants.

Il ne s'agit pas d'une première

Cette solution proposée par le ministère de l'intérieur de loger des migrants dans des hôtels à bas coûts a déjà fait des vagues dans certaines communes. Fin juin, quinze militants du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire avaient occupé le toit d'un hôtel Formule 1 à Chanas, près de l'A7, en Isère.

Le bâtiment, lorsqu'il était encore un Formule 1
Le bâtiment, lorsqu'il était encore un Formule 1 © Google Map
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