À Toulouse et à Paris, des affiches de prévention contre le harcèlement, les agressions sexuelles ou les "frotteurs" viennent d'être installées dans les couloirs du métro. Ils représentent les auteurs comme des monstres, des animaux sauvages. Une fausse bonne idée qui fait polémique, notamment sur les réseaux sociaux.

Campagne contre les violences sexuelles dans les transports en commun à Toulouse
Campagne contre les violences sexuelles dans les transports en commun à Toulouse © Radio France / Stéphane Iglésis

"C"est à vous d'avoir honte", assure aux agresseurs sexuels l'une des affiches toulousaines ornées de monstres certes rigolos, mais répugnants. "Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel", implore de son côté la version parisienne, diffusée ce lundi sur les réseaux de transports d'Ile-de-France. Des affiches qui représentent des femmes entourées de prédateurs bien réels (loup, ours, ou requin).

Un choix de présenter les agresseurs comme des monstres ou des animaux sauvages qui ne convainc pas tout le monde. Dans les heures qui ont suivi la diffusion de la campagne, certains se sont interrogés sur le double message qu'elles envoyaient (outre le fait que les animaux choisis ne sont pas des prédateurs naturels de l'être humain).

Pour l'association Politiqu'elles par exemple, faire ce parallèle avec des animaux "sous-entend encore une certaine bestialité des agresseurs qui ne peuvent se contrôler. Représenter des hommes aurait été l’occasion de montrer que _ce sont des hommes très ordinaires qui commettent les agressions_."

Un point de vue qui recoupe aussi les témoignages de nombreuses femmes sur les réseaux sociaux, qui rappellent que l'une des spécificités des agressions sexuelles dans les transports en commun, c'est qu'il n'y a pas de profil type et que les auteurs sont des hommes tout ce qu'il y a de plus banals.

L'ancien directeur de la communication du PS, Valerio Motta, se dit lui aussi gêné sur Twitter. Il explique que la représentation d'agresseurs "monstrueux" est contre-productive car elle ne pousse pas les hommes à remettre en question leurs comportements, personne ne s'identifiant comme un agresseur potentiel et encore moins comme un animal affamé ou un monstre lubrique.

En plus de ces affiches, la région expérimente aussi d'autres méthodes pour lutter contre les agressions, comme l'arrêt à la demande dans les bus de nuit ou une formation dédiée à la prise en charge des victimes de harcèlement pour tous les agents SNCF et RATP.

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