Afin de répondre à la détresse financière des étudiants pendant l'épidémie de Covid-19, une proposition de loi a été déposée au Sénat et signée par 80 élus de différentes familles politiques. Elle vise à créer un ticket-restaurant étudiant, utilisable partout, y compris pour faire des courses.

Ce ticket-restaurant serait vendu dans les Crous
Ce ticket-restaurant serait vendu dans les Crous © AFP / RICCARDO MILANI / HANS LUCAS

Une bouffée d'oxygène pour des jeunes frappés de plein fouet par la crise sanitaire ? L'idée d'un ticket-restaurant étudiant fait en tous cas son chemin. Une proposition de loi déposée vendredi 12 mars a réuni les signatures de 80 élus de sensibilités variées. Explications.

Qui est derrière cette proposition ?

Le texte a été déposé par Pierre-Antoine Levi, sénateur centriste du Tarn-et-Garonne. Mais il a été co-signé par des élus d'autres familles politiques : sénateurs LR, Indépendants, Rassemblement démocratique et social Européen (RDSE) et écologistes. "Ayant participé à plusieurs manifestations d'étudiants, je ne pouvais pas fermer les yeux et hésiter à signer ce texte au motif qu'il ne venait pas de la gauche", a expliqué la sénatrice écologiste Esther Benbassa au micro de France Inter.

Comment fonctionnerait ce ticket-restaurant ?

L'idée est de mettre en place un titre-restaurant fonctionnant sur le modèle de celui dont peuvent bénéficier les salariés. Sauf que ce ne serait pas l'entreprise qui complèterait, mais l'État, comme au restaurant universitaire. Moyennant 3,30 euros (le tarif social des étudiants), ceux-ci pourraient donc acquérir auprès des Crous un ticket-restau d'une valeur de 6,60 euros, utilisable partout y compris pour faire leurs courses. 

"L'objectif de ce dispositif social est de permettre aux étudiants de réduire les dépenses alimentaires tout en leur donnant la possibilité de faire leurs courses à moindre coût", peut-on lire dans l'exposé des motifs du texte de loi.

Qui est concerné ?

Tous les étudiants, en l'état actuel du texte : "quel que soit leur lieu d'étude et leur formation".

Quels dispositifs existent actuellement ?

L'été dernier, dans les restaurants universitaires, des repas à 1 euro ont été mis en place. D'abord réservés aux boursiers, ils ont ensuite été élargis à tous les étudiants. Une intention louable, mais qui exclut les étudiants éloignés des grands campus et des centres-villes, selon les défenseurs de la proposition de loi.

Quand le texte sera-t-il examiné ?

La proposition de loi pourrait être examinée au Sénat (où la droite a la majorité) dans le cadre d'une "niche parlementaire" réservée au groupe centriste. La prochaine est prévue en juin.

Un texte similaire, porté par Les Républicains a été déposé en février à l'Assemblée et doit être examiné en commission.