Avant une nouvelle manifestation prévue contre la loi travail à Paris, le préfet de police propose un rassemblement statique, plus propice à éviter les débordements.

Affrontements entre casseurs et policiers aux Invalides à Paris (14 juin 2016)
Affrontements entre casseurs et policiers aux Invalides à Paris (14 juin 2016) © Maxppp / William Joubrel/Wostok Press

Nouveau bras de fer entre le ministère de l’Intérieur et les syndicats : cette fois Bernard Cazeneuve soutient la décision de la Préfecture de police de Paris, qui n’autorisera pas les syndicats à défiler dans les rues de Paris ce jeudi 23 juin.

A la place, le préfet autorise en revanche un rassemblement "statique", concept qui fait bondir ceux qui s’apprêtaient pourtant à battre le pavé sur un parcours raccourci entre la place de la Bastille et la place de la Nation. Dans une véritable guerre des communiqués, les syndicats réunis dénoncent la "remise en cause d'un droit fondamental".

"Le rassemblement statique, pour les syndicats c'est non" : les explications de Marion Lhour dans le journal de 8h de France Inter :

Courrier des syndicats adressé à Bernard Cazeneuve, le 20 juin 2016
Courrier des syndicats adressé à Bernard Cazeneuve, le 20 juin 2016 © Radio France

Éviter les violences et pallier au manque des effectifs policiers

Une mesure justifiée par les débordements à répétition, les dégradations de la dernière manifestation parisienne et les dizaines de policiers blessés, mais aussi par les problèmes d’effectifs au sein des forces de l’ordre, par ailleurs très mobilisées pour assurer la sécurité en plein Euro de football. A la suite de ces derniers incidents, Manuel Valls, invité de France Inter, avait même appelé la CGT à cesser les manifestations contre la loi travail à Paris. Pour la police, un rassemblement statique facilite la tâche sur les différentes missions de gestion de manifestation des foules : filtrer les bouches de métro, filtrer les avenues, ou surveiller la présence d’éventuels casseurs.

Prise de risque politique

Si la décision provoque la colère des syndicats, le préfet de police campe sur ses positions : si cette solution a minima n’est pas accepté par les organisations syndicales qui appellent à défiler, la manifestation contre la loi travail prévu jeudi pourrait être tout simplement interdite. S'il reste assez rare, en France, d'interdire une manifestation pour préserver l'ordre public, les organisateurs qui braveraient l'interdiction risquent six mois de prison et 75 000 euros d'amendes. Coté gouvernement, en revanche, une telle interdiction constitue surtout une prise de risque politique. Jean-Claude Mailly, chef de file de Force Ouvrière, estime que le Premier Ministre Manuel Valls se "comporte en pyromane", alors que Philippe Martinez, chef de file de la CGT évoque, si la mesure était prise, un "sacré problème de démocratie". Une pétition contre ce "rassemblement statique", lancée lundi soir, a déja rassemblé plus de 120 000 signatures.

INFOGRAPHIE : Loi Travail : le bilan des violences dans les manifestations
INFOGRAPHIE : Loi Travail : le bilan des violences dans les manifestations © Radio France / Visactu
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