[scald=20213:sdl_editor_representation]WASHINGTON (Reuters) - Les services du procureur de New York doivent rencontrer ce mercredi les avocats de Dominique Strauss-Kahn pour débattre d'un éventuel abandon des charges qui pèsent sur lui, annoncent des médias américains.

La crédibilité de la femme de chambre du Sofitel de New York qui accuse l'ancien directeur général du Fonds monétaire international de tentative de viol a été affaiblie par ses mensonges et le procureur pourrait ne pas attendre la prochaine audience, fixée au 18 juillet.

Le New York Times, ainsi que les chaînes de télévision CNN et NBC, évoquent une rencontre entre les services du procureur, voire le procureur Cyrus Vance Jr lui-même, et les avocats de Dominique Strauss-Kahn ce mercredi pour trouver une issue au dossier mais aucune décision imminente ne serait attendue.

L'abandon des charges ou un arrangement entre la plaignante et Dominique Strauss-Kahn, qui reconnaîtrait certains faits mais pas la tentative de viol, figurent parmi les possibilités.

Mais les avocats de l'ancien ministre français des Finances ont depuis le début de l'affaire, le 14 mai, toujours dit que la relation entre leur client et la femme de chambre guinéenne était consentie et que Dominique Strauss-Kahn refusait de reconnaître le moindre comportement délictueux.

Le New York Post présentait mardi comme une "certitude" l'abandon des charges qui pèsent contre l'ancien favori des sondages pour la présidentielle de 2012.

Le procureur a reconnu vendredi dernier que la crédibilité de la femme de chambre du Sofitel était affaiblie par ses mensonges, notamment pour obtenir le statut de réfugié politique aux Etats-Unis.

PLAINTE À PARIS

Un tribunal de Manhattan avait déjà pris acte vendredi dernier des doutes sur la femme de ménage et accepté de libérer Dominique Strauss-Kahn sur parole.

Le procureur de New York avait alors annoncé que l'enquête se poursuivait dans la mesure où il est avéré qu'un rapport sexuel a eu lieu entre les deux protagonistes.

Le tout est de savoir s'il a été consenti, comme l'affirme la défense de ce dernier, ou accompagné de violences, comme l'avance l'avocat de la plaignante guinéenne.

Le New York Times affirme à son tour mercredi que, contrairement à ce qu'avait avancé le procureur vendredi dernier, la jeune femme n'a pas nettoyé une autre chambre après sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn.

Le relevé des cartes électroniques du Sofitel montrerait en effet qu'elle avait déjà nettoyé cette chambre dans la matinée du 14 mai avant d'entrer peu après midi, heure de New York, dans celle de l'ancien ministre français de l'Economie.

Elle se serait seulement réfugiée pendant quelques minutes dans cette chambre après l'agression supposée.

Même si les poursuites sont abandonnées contre Dominique Strauss-Kahn, le Parti socialiste a déjà fait son deuil de la candidature de l'ancien favori des sondages à la primaire interne en vue de la présidentielle de 2012.

A Paris, Tristane Banon, une Française de 32 ans qui se dit victime d'une tentative de viol de la part de Dominique Strauss-Kahn en 2003, a déposé plainte, selon son avocat David Koubbi, qui a parlé de faits "d'une particulière violence et d'une particulière gravité".

Ce courrier est arrivé mercredi au parquet de Paris, qui l'étudie, a-t-on appris de source judiciaire.

Une tentative de viol est passible de la cour d'assises et le maximum de la peine est de 15 ans de réclusion criminelle. La peine peut être supérieure en cas de circonstances aggravantes.

Dominique Strauss-Kahn a contre-attaqué en chargeant ses avocats de porter plainte pour dénonciation calomnieuse, a déclaré l'un de ses défenseurs.

Eric Beech et Yves Clarisse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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