Trois des quatre policiers impliqués dans le passage à tabac de Michel Zecler sont entendus notamment pour "violences à caractère raciste". La presse étrangère s'intéresse au sujet ce vendredi et rappelle que les violences policières sont récurrentes en France.

Image de vidéosurveillance lors du passage à tabac de Michel Zecler par des policiers à Paris
Image de vidéosurveillance lors du passage à tabac de Michel Zecler par des policiers à Paris © AFP / Michel Zecler / GS Group

Les quatre policiers mis en cause dans le passage à tabac samedi à Paris d'un producteur de musique noir ont été placés vendredi en garde à vue pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion, avec arme et à caractère raciste". Les fonctionnaires ont été suspendus à titre conservatoire et entendus par l'IGPN, la police des polices. Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête à leur encontre pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" et "faux en écriture publique". 

Sur les images de vidéosurveillance diffusées jeudi sur les réseaux sociaux par le site d'information Loopsider, et largement partagées (plus de douze millions de vues), on peut voir un producteur Michel Zecler passé à tabac dans l'entrée de son studio de musique par trois policiers, puis un quatrième policier lancer une grenade lacrymogène à l'intérieur du bâtiment. Des faits sur lesquels les policiers ont menti dans leur rapport. Cette affaire a jeté l'exécutif et la majorité dans la tourmente. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a affirmé jeudi sur France 2 qu'il demanderait "leur révocation" si la justice concluait à leur culpabilité.

Le New York Times rappelle un contexte déjà chargé

Le New York Times rappelle que le passage à tabac de Michel Zecler intervient en plein débat sur l'interdiction de filmer les forces de l'ordre (Ndlr : dans la loi de "sécurité globale") et "alors que les autorités sont confrontées à des accusations régulières de racisme et de violences policières". 

En Belgique, on rappelle que les violences policières sont récurrentes en France

Le quotidien La Libre Belgique titre : 

Des nouvelles violences policières créent la polémique en France : "Les poursuites sont extrêmement rares"

Le correspondant à Paris rappelle en effet que ce n'est pas la première fois que la France est le théâtre de violences policières. 

"Ces nouvelles violences policières en France s’ajoutent à une longue liste de faits dont, dernièrement, le démantèlement brutal d’un camp de migrants, place de la République à Paris. Elles s’inscrivent aussi dans le contexte de l’adoption récente de la loi sur la Sécurité globale, qui sanctionne pénalement la diffusion "malveillante" d’images de policiers".

En Italie, les insultes racistes à l'encontre de Michel Zecler mises en avant

Le quotidien Corriere della sera titre : 

France, insultes racistes et passages à tabac du producteur de musique Michel Zecler par la police. Agents suspendus.

Le correspondant italien à Paris évoque dès le début de son article un problème structurel : 

"L'indignation et l'inquiétude grandissent quant à la dérive violente de la police : le problème n'est pas les 'brebis galeuses', mais le doute qu'il existe un problème systémique sous-jacent". 

Stefano Montefiori évoque les actes de violence bien entendu, mais aussi les propos racistes que les policiers auraient tenus à l'encontre de Michel Zecler selon ses dires, et notamment l'injure raciste "sale nègre"

En Italie également, la réaction d'Emmanuel Macron 

Le choc également, mais cette fois-ci celui d'Emmanuel Macron est mis en avant par l'italien La Repubblica, avec en titre : 

En France, des policiers arrêtés pour avoir battu un homme non armé. Macron "choqué" et "furieux"

Et le journal italien de poursuivre :  "Après avoir pris connaissance de la vidéo de l'attentat contre le producteur de musique Michel Zecler, le président français a eu une rencontre de 15 minutes avec le ministre de l'Intérieur à l'Elysée, lui demandant des "sanctions très claires" contre les quatre agents qui sont désormais en garde à vue".

En Allemagne, 

Der Spiegel rappelle que la vidéo a "choqué la France" et relate les faits tels que Michel Zecler les a décrits en interview à sa sortie des locaux de l'IGPN jeudi .