Après l'interpellation du producteur de musique Michel Zecler, violemment frappé par les policiers, le Parquet de Paris demande la mise en examen de 4 agents concernés. Dans la nuit de dimanche à lundi, deux d'entre eux ont été placés en détention provisoire après leur mise en examen.

Rémy Heitz, Procureur de la République de Paris
Rémy Heitz, Procureur de la République de Paris © AFP / Alain Jocard

Les quatre policiers accusés du tabassage du producteur Michel Zecler vendredi dans le XVIIe arrondissement de Paris, ont été présentés à la justice dimanche à la mi-journée. Ils ont été mis en examen dans la nuit de dimanche à lundi, conformément aux réquisitions du Parquet de Paris, annoncées par le Procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, en conférence de presse.

Le Parquet avait également demandé la détention provisoire pour trois de ces policiers en raison des "troubles exceptionnels à l'ordre public" provoqués par l'infraction et pour éviter "un risque de concertation entre les auteurs ou de pression sur les témoins", a ajouté le procureur de la République. Au final, dans la nuit, le juge des libertés et de la détention a écroué deux des policiers – le brigadier et le gardien de la paix – et laisse les deux autres sous contrôle judiciaire. 

Ces policiers sont accusés des chefs de violences volontaires avec arme, en réunion et accompagnés de propos à caractère raciste, de faux en écriture publique, de violation de domicile, et de dégradation volontaire de biens privés en réunion.  Le Parquet avait également demandé le placement sous contrôle judiciaire pour le quatrième policier, qui était arrivé en renfort et aurait selon toute vraisemblance lancé une grenade lacrymogène dans le studio pour en faire sortir ses occupants : ce quatrième policier a été mis en examen un peu plus tôt dans la nuit.

Les chefs de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, en réunion et avec arme - la grenade- ainsi que pour dégradation de biens par un moyen dangereux pour les personnes ont été requis contre lui, a précisé Rémy Heitz.

La présidence de la République a appelé Michel Zecler

La présidence de la République a appelé Michel Zecler, le producteur noir qui a été tabassé par des policiers, a indiqué l'Elysée dimanche sans autre précision.  Selon franceinfo, qui a dévoilé l'appel citant l'entourage de Michel Zecler, l'Élysée aurait joint samedi le producteur pour prendre de ses nouvelles et lui aurait rappelé que pour Emmanuel Macron, ce qu'il avait vécu était "une honte".  

Emmanuel Macron est intervenu vendredi soir dans ce dossier en dénonçant, dans une déclaration sur Facebook, "l'agression inacceptable" de Michel Zecler par des policiers, des "images qui nous font honte". Il a également réclamé une police "exemplaire".   

La veille il avait demandé au ministre de l'Intérieur de prononcer contre les policiers auteurs de ces violences des sanctions claires. Emmanuel Macron a aussi demandé vendredi soir au gouvernement de lui faire rapidement des propositions "pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations" et pour rétablir la confiance entre les Français et la police.  Matignon planche déjà sur ces chantiers, en particulier sur la réforme de l'IGPN (l'inspection générale de la police nationale), la lutte contre les discriminations, la formation initiale et continue des policiers, leur recrutement ainsi que les moyens d'associer la population aux actions de police, selon une source gouvernementale.

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