En exclusivité pour France Inter, la fédération syndicale de la FSU dévoile les résultats d'une enquête IPSOS menée auprès des enseignants, des autres personnels de l'Éducation nationale et des parents d'élèves. 75% des parents jugent que les professeurs ont bien géré la crise sanitaire... Mais pas leur ministre.

Des élèves de 3e du lycée Camus de Nîmes
Des élèves de 3e du lycée Camus de Nîmes © Radio France / Sylvie Duchesne

C'est une enquête inédite avec un regard croisé des enseignants, des personnels et des parents, notamment sur la gestion de la crise sanitaire.

"La satisfaction des parents et des enseignants sur la façon dont le terrain s'est débrouillé avec cette crise"

Les trois quarts des personnels de l'Éducation nationale et des parents interrogés sont globalement satisfaits de la gestion de la crise par les acteurs de terrain, c'est-à-dire les enseignants, les chefs d'établissement ou les inspecteurs. Même proportion pour les parents qui jugent par exemple que les professeurs ont bien géré la crise sanitaire. En revanche, la gestion par le ministre est jugée insatisfaisante par 71% des personnels et 55% des parents.

"On note une forte insatisfaction par rapport au fonctionnement du système, mais une forte reconnaissance du fait que les personnels font ce qu'ils peuvent dans des conditions parfois dégradées. Il y a une satisfaction des parents et des enseignants sur la façon dont le terrain s'est débrouillé avec cette crise", estime Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU.

Un mauvais point pour le ministre

Pour les parents comme pour les professionnels, la crise a été bien gérée à tous les niveaux, et il n'y a qu'au niveau du ministre que l'on note une insatisfaction importante. Seulement 29% des personnels de l'Éducation nationale, et 45% des parents, estiment qu'il a correctement agi.

Ces critiques, partagées par les enseignants et les parents, ont surpris Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU. "C'est une surprise de la part des parents, car on a l'impression qu'ils ne perçoivent pas les écarts entre la hiérarchie locale et le ministre. On a une insatisfaction sur la façon dont Jean-Michel Blanquer a géré les choses. On se souvient des tribunes de certains députés qui dénonçaient les profs décrocheurs, on voit bien que ces choses-là n'étaient pas vraies, tout le monde reconnait qu'il y a eu une forte mobilisation et c'est une bonne surprise."

Niveau scolaire et santé, sujets d'inquiétude

Ce qui inquiète les enseignants comme les parents, au-delà de la gestion de crise, c'est le niveau scolaire des élèves. 77% des enseignants sont préoccupés par l'impact de la crise sur la scolarité et les apprentissages, et c'est le cas pour 60% des parents (71% des parents de lycéens).

Le préoccupation pour la santé des enfants et des adultes passe avant la menace terroriste. 64% des enseignants, 44% des parents, sont inquiets pour la santé des enfants et pour la leur. La menace terroriste inquiète 55% des enseignants et 47% des parents.

Cette enquête a été réalisée du 17 au 20 novembre auprès d'un échantillon interrogé par internet, selon la méthode des quotas, composé de 850 enseignants, 150 personnels de l'Éducation nationale non-enseignants et 500 parents d'élèves.