La proposition de loi renforçant la lutte contre la prostitution arrive ce vendredi en seconde lecture à l'Assemblée. En commission, les députés ont rétabli la pénalisation des clients qui avait été supprimée par les sénateurs en mars dernier.

Le débat sur la pénalisation de la prostitution s'ouvre à l'Assemblée
Le débat sur la pénalisation de la prostitution s'ouvre à l'Assemblée © SIMON DAVAL / MAXPPP

Les sénateurs avaient en effet détricoté le texte des députés socialistes, voté en décembre 2013 à l'Assemblée nationale.Le texte prévoyait initialement d'abroger le délit de racolage instauré par Nicolas Sarkozy en 2003, et d'instaurer en contrepartie la pénalisation des clients.

Les sénateurs ont réintégré le délit de racolage, pourtant décrié par les associations sur le terrain comme Médecins du monde. Ils ont aussi rejeté la sanction des clients.

Retour à la case départ

Mais les députés sont donc revenus au texte initial ce mercredi 3 juin, en commission, et ce sont eux qui auront le dernier mot.

Pour les députées socialistes et , et le député Les Républicains (ex-UMP) Guy Geoffroy, la pénalisation des clients et l'abrogation du délit de racolage sont les "piliers" du texte, sur lesquels ils ne comptent pas transiger. Ils voulaient initialement punir l’"achat d’actes sexuels" d’une contravention de 1500euros.

Ce jeudi, la ministre des affaires sociales, , a appelé les députés à rétablir les amendes pour les clients :

Le Sénat a été assez indigne dans la manière de traiter le sujet, en renversant la situation : des femmes prostituées qui doivent être protégées, il en a fait des coupables, alors que ce sont des victimes. (...) Et ce sont aussi aux hommes de réfléchir à ce qu’ils font, à la manière dont ils se comportent.

La pénalisation des clients divise l'opinion publique

C'est la pénalisation des clients qui divise le plus l'opinion publique et les associations. Cette mesure est soutenue par des associations prônant l’abolition de la prostitution, et par le gouvernement. Mais les associations de prostitué(e)s qui défendent la prostitution comme une activité volontaire , et d’autres qui leur viennent en aide, comme Act Up ou Médecins du monde, la combattent. Ils craignent que les prostitué(e)s soient poussé(e)s versla clandestinité et la précarité.

Ce jeudi, une cinquantaine de prostituées ont manifesté aux Invalides, à Paris, pour réaffirmer leur opposition à la pénalisation des clients. Elles ont interpellé les députés en criant : "Vous couchez avec nous, vous votez contre nous"... ou encore :

Clients pénalisés, putes assassinées.

Adoption avant la fin de l'année?

Les partisans de la loi espèrent une adoption définitive avant la fin de l'année. Mais ce n'est pas l'avis du député écologisteSergio Coronado, opposé à la pénalisation des clients. Il est persuadé que les socialistes vont enterrer ce texte :

Je ne suis pas sûr qu'il soit promulgué avant la fin de 2017. Je crois que c'est une patate chaude que le gouvernement se refile de ministre en ministre. C'est un texte que personne ne voulait vraiment.

Si la France pénalisait les clients, elle rejoindrait la Suède, la Norvège etle Royaume-Uni qui les sanctionnent déjà.

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