Ces dernières années, des enquêtes évoquant la présence de substances cancérigènes et de perturbateurs endocriniens dans la composition des tampons et des serviettes ont semé le doute. D'où l'émergence depuis peu de solutions alternatives plus "écolo".

Une femme utilise entre 10.000 et 15.000 protections hygiéniques au cours de sa vie.
Une femme utilise entre 10.000 et 15.000 protections hygiéniques au cours de sa vie. © Getty / Emilija Manevsk

La semaine dernière, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a donné six mois aux fabricants de couches culottes pour qu'ils en retirent les substances dangereuses. Qu'en est-il des tampons hygiéniques, dont on sait depuis plus de deux ans qu'ils contiennent perturbateurs endocriniens et substances cancérigènes ? 

Les substances trouvées dans les tampons sont "à faible dose", donc sans réel danger, avait conclu l'Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) en juillet dernier. Il n'empêche, le doute est là.  

Depuis un an, le marché voit arriver de plus en plus de fabricants "bio". Une offre encore marginale mais qui répond à une vraie inquiétude.

"J'en ai voulu à la marque à laquelle j'étais fidèle depuis mes premières règles"

Au cours d'une vie, en effet, une femme va utiliser 10 à 15 000 tampons et serviettes ! Quand elle réalise que les tampons qu'elle met depuis ses douze ans contiennent sans doute des résidus de pesticides, et du chlore pour rendre le produit plus blanc, Gaële le Noan, fondatrice de Marguerite et Cie, décide de commercialiser des tampons bio, qu'elle envoie par courrier. 

Ses clientes reçoivent une box tous les mois avec 18 tampons. "En 2017, quand une première enquête est sortie sur le sujet, j'en ai voulu à la marque à laquelle j'étais fidèle depuis mes premières règles, et je me suis dit qu'il fallait des protections plus saines explique Gaële le Noan. Le tampon est quand même au contact d'une muqueuse hyper perméable. Mes tampons sont 100% coton, sans intrants chimiques dans leur composition. Et surtout, ils sont blanchis par une méthode d'oxygénation, donc pas au chlore. Les applicateurs sont en carton biodégradable aussi".

Une box de 18 tampons bio envoyée tous les mois par courrier
Une box de 18 tampons bio envoyée tous les mois par courrier © Radio France / Véronique Julia

Un produit plus sain, avec avec un impact limité pour l'environnement, c'est aussi le défi que s'est lancé il y a dix mois Fanny Abès, co-fondatrice des culottes Fempo. Ici, pas de tampons ni de serviettes, c'est un slip absorbant et lavable, qui peut se porter jusqu'à 12 heures par jour selon son flux

"À l'intérieur de la culotte qui est en coton, on a un tissu qui est fait de bambou et qui est très absorbant décritFanny Abès. La culotte se met le matin, et se lave le soir, au lavabo ou en machine. Elle durera aussi longtemps qu'une culotte traditionnelle". Et cette culotte ne génère pas de déchet. 

Une alternative qui marque des points, Fanny double son chiffre d'affaires tous les mois. Mais attention, plus écolo sans doute, le bio ne protège pas des chocs toxiques. Eviter les infections requiert les mêmes règles d'hygiène qu'avec des protections traditionnelles.

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