Entre 22.000 et 25.000 exploitations seraient au bord du dépôt de bilan
Entre 22.000 et 25.000 exploitations seraient au bord du dépôt de bilan © MaxPPP

Les éleveurs normands ont pris la tête d'un mouvement de protestation national contre la faiblesse des prix de leurs productions. Le ministre de l'Agriculture a proposé de recevoir une délégation jeudi à Paris.

"Nous avons environ 25 tracteurs à chacun des points de blocage", explique le président de la FDSEA du Calvados, Jean-Yves Heurtin. Les quatre principaux accès au périphérique de Caen sont bloqués, en direction de Rennes, Paris, Cherbourg et Falaise. Un peu plus loin, à l'embranchement de l'A84, en direction de Rennes, un barrage a été mis en place par une vingtaine de tracteurs.

Rencontre avec le ministre jeudi

Le ministre de l'Agriculture a proposé dans la foulée de les recevoir jeudi à Paris. D'ici là, le ministre aura prix connaissance du rapport du médiateur sur les prix des productions agricoles, qu'il avait lui-même désigné. Ce rapport doit lui être remis mercredi à 17h00. Le médiateur doit déterminer qui des industriels ou des distributeurs freine les hausses de prix convenues dans la filière.

Le blocage maintenu

L'un des représentants de la grande distribution, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution, a assuré que la grande distribution avait respecté ses engagements... Malgré la promesse d’une visite par le ministre, le secrétaire général de la FDSEA du Calvados, Sébastien Debieu, a répondu que le blocage ne serait levé qu'à sa venue à Caen.

Entre 22.000 et 25.000 exploitations au bord du dépôt de bilan

Stéphane Le Foll a récemment déclaré que 10% des exploitations d'élevage françaises, "soit entre 22.000 et 25.000", étaient "au bord du dépôt de bilan". A l'issue d'une table ronde le 17 juin, la grande distribution et les transformateurs se sont engagés à augmenter le prix de la viande payée aux éleveurs afin de leur permettre de couvrir leurs coûts de production. Les agriculteurs les accusent de ne pas respecter les accords, ce que ces derniers contestent.

Pourquoi la répression des fraudes ne peut pas suivre les marges de la grande distribution ? La grande distribution vole le consommateur !

"Pourquoi la répression des fraudes ne peut pas suivre les marges de la grande distribution ? La grande distribution vole le consommateur ! Il faudrait que la grande distribution donne un peu plus aux consommateurs, réduisent leur marge.. Pourquoi les politiques sont toujours aux cotés de la grande distribution mais jamais aux côtés des gens ?", s’indigne ainsi Alain, éleveur dans l'Eure.

Nous avons accepté d'augmenter les prix d'achat de manière importante, la seule chose, c'est que visiblement cet argent ne va pas aujourd'hui dans la poche des producteurs, des éleveurs

"Nous avons accepté d'augmenter les prix d'achat de manière importante, la seule chose, c'est que visiblement cet argent ne va pas aujourd'hui dans la poche des producteurs, des éleveurs", déplore de son côté Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution. Il est prévu notamment que le kilo de boeuf soit revalorisé de cinq centimes par semaine. François Hollande a exhorté samedi la grande distribution à "faire un effort sur les prix".

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