L'accident a eu lieu à Puisseguin en Gironde
L'accident a eu lieu à Puisseguin en Gironde © Radio France
**Quarante-trois personnes, pour la plupart des personnes âgées et un enfant, ont été tuées, vendredi matin, dans une collision entre un autocar - qui s'est embrasé - et un camion près de Libourne en Gironde.** La collision s'est produite peu avant 7H30 sur la commune de Puisseguin, sur la route départementale 17. Les deux véhicules se sont embrasés aussitôt. Il y avait 48 passagers, pour la plupart des personnes âgées membres d'un club de loisirs de la commune de Petit-Palais-et-Cornemps, et un chauffeur à bord du car - sorti miraculeusement indemne. Le chauffeur du camion, un grumier de transport de bois, circulant à vide, fait partie des morts, de même qu'un enfant de trois ans, son fils, qui se trouvait à ses cotés. Ce samedi matin, les autorités tentent de comprendre ce qui a pu provoquer un tel accident. Les enquêteurs, eux, essayent d'identifier les corps, une tâche particulièrement difficile. **Les précisions de Mathilde Dehimi**
Le procureur de la République de Libourne, Christophe Auger, a indiqué vendredi soir que "la présence d'un passager n'étant pas établie avec certitude", et que donc 41 ou 42 personnes avaient péri à bord du car. Le maire de Puisseguin, Xavier Sublett, évoque une route "très sinueuse" avec "une enfilade de virages serrés" : > Le chauffeur du camion aurait perdu le contrôle de son véhicule. Il se serait mis en travers de la route. Le chauffeur du bus n'a pas pu éviter l'accident. Il a percuté le camion.. **Des habitants des environs ont dénoncé une route "notairement dangereuse"** . Pour le secrétaire d'État aux Transports, interrogé sur France Info, la route sur laquelle s'est produite la collision meurtrière était "une bonne route", "refaite en 2011" et ne présentant "pas de dangerosité particulière". **Alain Vidalies** > J'ai fait procéder à la vérification sur l'état de la route, une bonne route départementale avec la signalisation nécessaire qui a été refaite en 201. Cette route est sinueuse car la topographie est celle-là mais on n'est pas dans une configuration de route de montagne, elle ne présente pas de dangeriosité particulière. Alain Vidalies a également dénoncé les propos de Noël Mamère. Selon le député écologiste cet accident "doit nous interroger sur les choix politiques qui sont faits en matière d'infrastructures". Ce que le secrétaire d'État aux Transports a considéré comme un manque de "la dignité nécessaire". Selon le Conseil départemental, sur les cinq dernières années, aucun accident n'a été constaté sur le virage concerné : "Il est réglementairement signalé par des balises de virage et des panneaux de virage et la vitesse y est limitée à 90 km/h". ### L'identification des corps sera compliquée Les cadavres calcinés des victimes ont été laissés dans le car pour que les experts puissent effectuer des prélèvements et ne seront retirés des décombres que samedi. Leur identification pourrait prendre environ trois semaines. Le parquet de Libourne a ouvert une enquête en flagrance qu'il a confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux. Deux cents gendarmes sont mobilisés, ainsi qu'une soixantaine de pompiers. ### Huit survivants Huit passagers de l'autocar ont réussi à sortir du car, grâce au chauffeur "au péril de sa vie": quatre d'entre eux sont dans "un état grave" - deux étant grièvement brûlés, deux autres souffrant de traumatismes crâniens - et quatre sont légèrement blessés. Les gendarmes saluent aussi un autre geste "héroïque", celui d'un automobiliste qui suivait l'autocar "et qui a eu le réflexe de briser des vitres et d'aider à sortir quelques personnes". La préfecture a mis en place une cellule de crise, avec un numéro vert (0800 009 763). ### François Hollande s'exprime, le plan Orsec mis en oeuvre Le président de la République, François Hollande, s'est exprimé depuis Athènes, assurant que le gouvernement français était "totalement mobilisé sur cette tragédie" et demandant à ce que le peuple grec comprenne que malgré "l'accueil et l'amitié prodigué", il était "plongé dans la tristesse". Le plan Orsec a été déclenché. **François Hollande s'exprimait depuis la capitale grecque :**
TWEET
Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Alain Vidalies sur les lieu de l'accident
Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Alain Vidalies sur les lieu de l'accident © capture d'écran
Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, initialement attendus ce vendredi à Moirans, dans l’Isère, théâtre de violences mardi, sont arrivés, visages fermés, en fin de matinée sur le lieu de l'accident. Ils sont accompagnés du secrétaire d'Etat aux transports, Alain Vidalies. Le déplacement à Moirans a été reporté. > ### Ma femme devait partir avec le car mais y a renoncé au dernier moment : c'est une miraculée "Des gens sont partis du village en bus pour participer à différentes activités… Le club du troisième âge partait pour le Béarn en excursion. Ma femme devait participer, mais elle est finalement restée à la maison au dernier moment. C’est une miraculée. Avec la panique dans le bus, je ne vois pas comment des personnes âgées auraient facilement pu briser les vitres pour sortir", explique François, l’un des habitants du village. **François, l'un des habitants du village d'où partait le car**
La collision survenue vendredi près de Libourne (Gironde), qui a fait 43 morts, est le plus grave accident d'autocar en France depuis celui de Beaune (Côte d'Or) qui avait fait 53 morts, dont 44 enfants, le 1er août 1982. Cet accident avait entraîné un durcissement des règles de sécurité routière. Le groupe de personnes âgées était parti tôt le matin de la commune girondine de Petit-Palais-Cornemps pour une excursion dans les Landes. Le préfet de la Région Aquitaine et préfet de la Gironde, Pierre Dartout, s'est immédiatement rendu sur place pour coordonner les secours.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.