Selon les informations de franceinfo, le gouvernement a l'intention de mettre fin au numerus clausus dans les études de médecine. Un système hérité du début des années 70, où l'objectif était de limiter le nombre de nouveaux médecins.

La faculté de médecine de Paris
La faculté de médecine de Paris © AFP / Loic Venance

Le gouvernement devrait l'annoncer d'ici deux semaines, selon les informations de franceinfo : le numerus clausus, actuellement en vigueur dans les études de médecine et dans les filières de pharmacie, d'odontologie ou de sage-femme, devrait être aboli dans sa forme actuelle.  

Pour lutter notamment contre les déserts médicaux, le gouvernement pourrait proposer d'augmenter le nombre d'étudiants autorisés à poursuivre leurs études de médecine. Car le "numerus clausus" ("nombre clos" en latin) est un système qui ne permet, en moyenne, qu'à un étudiant sur sept de poursuivre ses études de médecine au terme de la première année.  

Qu'est ce que ça signifie, concrètement ? 

Si vous avez eu dans votre entourage un étudiant en médecine, vous avez certainement constaté que la première année ressemblait plus à une année de bachotage qu'autre chose et pour cause : elle se termine par un concours de fin d'année particulièrement sélectif. 

Pour multiplier leurs chances, certains suivent même des cours de prépa ou des cours du soir. 

Il s'agit bien d'un concours et non pas d'un examen : en effet, le nombre de candidats autorisés à poursuivre leurs études est fixé au préalable et au niveau national. Ainsi, au lancement en 1971, le numerus clausus était de 8 591 étudiants admis en deuxième année, pas un de plus. Il a baissé petit à petit jusqu'au plus bas historique de 3 500 en 1992, pour remonter au début des années 2000.  

En juin 2018, 8 200 étudiants ont été admis... sur près de 60 000 candidats. Soit à peine 15% d'admis et des dizains de milliers d'étudiants amenés à se réorienter après cette première année. 

Pourquoi verrouiller ainsi le nombre d'étudiants ? 

Les origines du numerus clausus dans les études de médecine remontent à 1971. A la base, il s'agissait de faire face à une très grande affluence d'étudiants en médecine depuis 1968, mais le but était moins de limiter le nombre de futurs médecins que de permettre à chaque étudiant d'effectuer un stage hospitalier, si l'on en croit une tribune du Dr Daniel Wallach dans Le Monde en 2011. En limitant le nombre d'étudiants en deuxième année, il était assuré que chacun ait un stage dans un hôpital. 

Mais alors, quel est le problème ? 

Il est double : d'une part, ce numerus clausus laisse sur le bord de la route à la fin de la première année six étudiants sur sept qui se lancent dans des études de médecine. Pour le Premier ministre Edouard Philippe, c'est "un énorme gâchis", alors qu'Emmanuel Macron a dénoncé à plusieurs reprises "un système injuste et inefficace".  

Et au-delà, se pose la question de la pertinence de ce dispositif alors que la France manque de médecins dans de très nombreux territoires, les fameux déserts médicaux. Le numerus clausus peut être modulé région par région pour s'adapter aux disparités, mais cela ne suffit pas à lutter contre la désertification médicale. 

Quelles alternatives si le numerus clausus est supprimé ? 

Selon franceinfo, deux options sont envisagées par le gouvernement : passer au strict inverse, le numerus apertus. Le concours de fin de première année serait alors remplacé par de simples partiels, et chaque université serait alors libre de former autant de médecins qu'elle veut, à condition de pouvoir respecter le bon déroulement de la formation, c'est-à-dire de pouvoir accueillir tous les étudiants dans ses locaux et de leur proposer à tous un stage.  

L'autre solution consiste à maintenir un concours, mais à le décaler à la fin de la troisième année, soit entre la licence et le master. Un système qui peut permettre aux recalés de basculer vers d'autres formations via des passerelles sans avoir "perdu des années pour rien". 

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