À la veille de ce long week-end de l'Ascension, beaucoup se préparent à passer un petit séjour en famille. Mais au moment de planifier les retrouvailles, certains se montrant plus craintifs que les autres à l'idée de se rassembler comme si le virus n'existait plus.

Malgré le déconfinement, certaines familles ne vont pas se retrouver dans l'immédiat, ou alors au prix d'un strict respect des gestes barrières
Malgré le déconfinement, certaines familles ne vont pas se retrouver dans l'immédiat, ou alors au prix d'un strict respect des gestes barrières © Maxppp / Julien Mattia

Cela fait maintenant plus de deux mois que certaines familles ne se sont pas réunies, depuis que le confinement a obligé chacun à communiquer par téléphone ou par visioconférence, sans possibilité de se serrer dans les bras les uns des autres.

Alors qu'un long week-end de quatre jours se profile pour ceux qui ont la possibilité de faire le pont, c'est l'occasion rêvée de projeter la réunion de famille tant attendue. Mais au moment de mettre au point les détails des retrouvailles, c'est la douche froide pour certains.

Peut-être dans un mois avec un masque

Ce long week-end chez ses parents avec ses frères, Benoît en rêve depuis le déconfinement. Il vit à Grenoble, comme l'un de ses frères, le troisième vit à Lyon, et leurs parents à Valence, tous à moins de 100 kilomètres les uns des autres. À priori, rien ne s’oppose au séjour en famille... à part les principaux intéressés !

"J'ai appelé mes parents pour leur dire que je ferais bien un week-end à la maison avec tout le monde, que ça faisait longtemps, que j'avais envie de faire la fête avec eux", raconte-t-il. "Ils m'ont répondu qu'ils n'étaient pas très chauds, qu'il valait mieux attendre encore un peu, et m'ont dit de voir avec mes frères."

Le premier lui confirme le mauvais tour qu'est en train de prendre l'affaire : "Il m'a dit qu'il n'était pas trop d'accord, que c'était encore un peu tôt. Et le troisième pensait qu'il valait mieux attendre si les autres penchaient pour ne pas se voir dans l'immédiat. On parle maintenant de se voir courant juin, peut-être avec des masques. Forcément, j'étais un peu déçu."

Un protocole familial pour une visite chez la grand-mère

De son côté, avant de rendre visite à sa grand-mère de 92 ans, Émilie a demandé l’avis à tous ses cousins, ses oncles et ses tantes, sur la messagerie familiale. "Certains étaient un peu plus frileux que d'autres, du fait que j'aie des enfants. Et je tenais à avoir le feu vert de chacun pour y aller, pas question de lui rendre visite si ne serait-ce qu'une seule personne s'y opposait."

Au fil de la conversation, il apparaît que tous sont d'accord sur la nécessité pour leur grand-mère de recevoir des visites de ses petits et arrière-petits-enfants. Tous ensemble, ils établissent un protocole de visite.

"Ma fille de quatre ans et demi et moi-même avons porté un masque, évidemment il y a eu lavage des mains et utilisation de gel hydroalcoolique, nous avons bien respecté les distances de sécurité, j'avais bien expliqué à ma fille qu'elle ne devait rien toucher, et j'ai gardé mon fils d'un an et demi dans le porte-bébé sur mon dos."

Émilie n'aurait jamais imaginé avoir à vivre ça un jour pour pouvoir rendre visite à sa grand-mère : "Cette situation était complètement ubuesque. Malgré tout, le fait de devoir s'organiser ainsi a été un peu effacé par la joie de pouvoir aller voir ma grand-mère. Mais cette visite lui a vraiment fait plaisir, et ça a convaincu tout le monde." À tel point que ce protocole sera appliqué par tous ceux qui voudront lui rendre visite durant le long week-end qui s'annonce.

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