Le jaune n'est pas la seule couleur du moment : à côté des fameux gilets, symboles de la contestation contre le gouvernement, d'autres couleurs vont parfois dans le même sens, parfois en opposition au mouvement. Depuis quelques jours, les "gilets bleus" se montrent très actifs face à leurs homologues jaunes.

La page des foulards rouges revendique plus de 25 000 membres
La page des foulards rouges revendique plus de 25 000 membres © Capture d'écran

Les gilets jaunes font la une de la presse depuis trois semaines, au fil des blocages, manifestations et affrontements qui ont marqué leur mobilisation. Mais la période de contestation (et de contre-contestation) est, en réalité, beaucoup plus colorée : des gilets, il y en a des orange, des verts, et désormais des bleus, quand les accessoires varient parfois pour passer du gilet au foulard. 

Du vert à l'orange

Il y a ceux qui sont dans le même mouvement de contestation que les gilets jaunes : les gilets oranges, qui militent en particulier contre la disparition au 1er janvier du gazole non routier (GNR) très utilisé dans le BTP. Puis les gilets rouges, portés par les militants de la CGT début décembre lors de leurs manifestations. 

Enfin, les gilets verts, eux, militent pour une politique de transports plus verts pour remplacer l'automobile. Sur Facebook, leur page compte un peu plus de 21 500 adhérents. Ils prévoient ainsi, samedi, pendant que les gilets jaunes seront moblisés, une marche contre le dérèglement climatique à Saâcy-sur-Marne, où l'initiative des "gilets verts" a été initiée dans un café culturel. 

Gilets bleus et foulards rouges

Mais depuis le début de semaine, une nouvelle couleur de gilet a fait son apparition : le bleu. Sur un compte Twitter qui compte pour l'instant un peu plus de 4 000 abonnés, Laurent Segnis, membre d'un comité LREM du Val-de-Marne, appelle à une mobilisation "contre les barrages imposés par les gilets jaunes" et pour la "défense des libertés fondamentales". Invité mardi sur la chaîne LCI, il expliquait : 

"Ce sont des gens, des commerçants, des pères et mères de famille, qui ne supportent plus de devoir prêter allégeance à un mouvement de plus en plus factieux. Je n'ai pas, moi, à prêter allégeance aux gilets jaunes si je veux traverser un rond-point. Encore moins à signer une pétition "Macron démission" si je veux me déplacer librement en France". 

Un mouvement qui fait écho à un autre accessoire et à une autre couleur : les foulards rouges. Lancés dès fin novembre, ces groupes d'opposition aux gilets jaunes comptabilisent plusieurs dizaines de milliers de membres (22 965 jeudi à midi pour le groupe "Foulards rouges : riposte face aux gilets jaunes"). "Nous rappelons à chaque citoyen que sa responsabilité personnelle est engagée lors de participation à des manifestations aux motifs flous et non déclarées. La vie doit reprendre ses droits dans notre pays, dans la sérénité et le respect d'autrui", peut-on lire sur la page Facebook dédiée. 

Des gilets bleus... dans la police ? 

Mais attention à la confusion, car les "gilets bleus" sus-cités pourraient bien ne pas être les seuls à se faire voir : mercredi, le secrétaire général du syndicat SGP Police - FO Yves Lefebvre a brandi, sur RMC, la menace d'une mobilisation des policiers sous cette bannière bleue : "On va rétablir l’ordre public mais après ça, si on n’a pas de réponse haute et forte, et là je m’adresse à Emmanuel Macron, ce sera à notre tour de descendre dans la rue. Et après les gilets jaunes, ce sera les gilets bleu marine de la Police nationale."

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