Ce mercredi à Paris s’ouvre un sommet international dédié au “gouvernement ouvert”, ou comment rendre la démocratie à ses citoyens via le numérique.

A Paris, le Liberté Living Lab est un lieu consacré aux Civic Tech
A Paris, le Liberté Living Lab est un lieu consacré aux Civic Tech © Maxppp / Ip3 press

Comment faire en sorte que les citoyens participent plus activement à la gouvernance de leurs pays ? C’est le sujet du sommet international du Partenariat pour un gouvernement ouvert qui commence ce mercredi à Paris. Ce groupement de 70 pays est présidé, cette année, par la France.

Quelque 3.000 personnes, issues de gouvernements mais aussi pour beaucoup de la société civile, sont attendues pour ce sommet, sorte de COP22 de la démocratie. Et il devrait y être largement question des civic-techs.

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Si vous fréquentez les réseaux sociaux, vous avez sûrement déjà été confronté sans le savoir à l’une de ces plateformes regroupées sous le qualificatif de “civil-tech”, qui sont un peu plus de 70 en France. Budget participatif de la ville de Paris, pétitions sur Change.org, vote populaire sur Laprimaire.org, toutes ces initiatives ont un même objectif : remettre le citoyen au coeur du débat démocratique, en lui donnant les moyens, techniques et humains, de participer. A quoi servent-elles et comment fonctionnent-elles ?

S’informer, comparer, comprendre

Parmi les plateformes de civic-tech qui existent en France, une partie s’est confiée comme mission de donner à chacun les cartes pour mieux comprendre les enjeux et les décisions politiques prises dans le pays. C’est le cas de la chaîne YouTube Accropolis : comme certains commentent des jeux vidéos en direct, les créateurs de cette chaîne qui compte un peu plus de 13.000 abonnés commentent en direct les questions au gouvernement et les grands débats politiques.

Dans le même mouvement, le site Ledrenche.org se veut être une plateforme d’échange et de débats, avec un mécanisme toujours similaire : le site propose au lecteur de donner son opinion sur un débat, avant et après avoir lu plusieurs argumentaires pour ou contre. De la même façon, il propose régulièrement des “fiches” expliquant simplement des sujets d’actualité “comme si j’avais cinq ans”.

Quant à Voxe.org, qui a lancé en vue de la présidentielle un module nommé #Hello2017, il permet notamment de comparer les programmes des différents candidats sur le thème que l’on souhaite.

Proposer, militer

Le plus connu des sites de pétitions sur Internet, c’est change.org. Créé en 2007 aux Etats-Unis, ce site est présent en France, où de nombreuses pétitions ont collecté plus de 100.000 signatures (50 pétitions avaient franchi ce cap en février dernier). Le site a notamment fait parler de lui lors de la protestation contre la loi Travail au printemps dernier : la pétition d’opposition à ce projet de loi, lancé par Caroline de Haas, a recueilli plus d’un million de signatures.

De la même façon, Make.org se réclame comme un site de “lobbying citoyen”, qui “transforme les propositions citoyennes en actions concrètes de transformation”. Lancé par l’ancien patron de Deezer, Axel Dauchez, ce site propose à chacun de formuler des propositions, qui sont ensuite soumises, via des partenaires médiatiques, ou sur YouTube, aux dirigeants politiques.

Co-construire des projets

C’est le dernier pan de la civic-tech, et le plus directement lié aux prises de décision politiques. Avec sa loi pour une République numérique, la secrétaire d’Etat Axelle Lemaire a été la première a écrire un projet de loi en consultant directement les Français. Favorable à la co-construction des politiques publiques, elle a fait appel à la plateforme “Cap Collectif”, qui a également développé l’outil “Parlement & Citoyens”, qui permet désormais à chacun de prendre part à l’élaboration de projets ou de propositions de loi.

La plateforme Fluicity, dont le slogan est “Vous prendrez bien un peu de démocratie”, est quant à elle orientée vers la démocratie locale. Elle permet à chaque ville qui le souhaite de communiquer directement avec ses administrés, en faisant des appels à propositions, des sondages ou des débats en direct.

Tous ces projets sont regroupés dans un collectif nommé Démocratie Ouverte, qui s’apprête à lancer son propore “incubateur de l’innovation démocratique” destiné à accompagner de nouveaux projets de civic-techs.

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