60 millions de consommateurs sort un hors-série spécial bio ce mercredi. Où l'on apprend que la viande et le lait bio comportent des perturbateurs endocriniens. Pour être bio, les produits doivent répondre à de nombreux critères. Mais même s'ils les respectent, ils ne sont pas exempts de polluants. Explications.

Lait, oeufs, huile... le bio est parfois bourré de perturbateurs endocriniens notamment
Lait, oeufs, huile... le bio est parfois bourré de perturbateurs endocriniens notamment © Getty / Tim Clayton/Corbis

Selon l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique, plus de 9 Français sur 10 ont consommé du bio en 2018.

Le bio représentait, en 2018, 9,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. En 2018, la valeur des achats des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique a progressé de 1,4 milliard d’euros, soit une croissance de +15,7 % par rapport à 2017.

60 millions de consommateurs a recherché en laboratoire, la présence de pesticides dans des fruits, mueslis et laits, et la présence de microtoxines dans les mueslis et les laits. Quid de la présence de plastifiants dans les huiles d'olive ? Ou encore des antibiotiques, dioxines et PCB dans les laits et les œufs bio ? Au total, 130 produits. Le magazine s'est également intéressé aux étiquettes, et à la valeur nutritionnelle et à la présence d'additifs dans des produits bio de grande consommation comme les biscuits, yaourts, pâtes à tartiner.

La "palme du non-sens" : la charcuterie et le poisson pané

Même bio, la charcuterie contient des taux de nitrites et de nitrates, pourtant classés comme cancérigènes. Mais l'on peut rajouter autant d'additifs que l'on veut dans le bio, car les nitrites de sodium continuent à être autorisés dans les charcuteries.

Quant aux poissons panés bio, seule la panure est bio, le poisson étant sauvage.

L'utilisation des engrais et pesticides, l'exploitation intensive, l'impact carbone négatif des fruits hors-saison, la vente sous plastique de certains fruits et légumes bio, etc.

Des dioxines et du PCB dans le lait et les œufs

Dans le lait et les œufs bio, des PCB et des dioxines ont été retrouvés. Ce sont des polluants issus la plupart du temps des usines. Les laits et les œufs bio en contenaient plus que les laits et les œufs conventionnels ! Cela s'explique par le fait que les animaux sortent pour se nourrir. Or, les sols sont contaminés, parfois depuis des dizaines d'années, par la présence d'une ancienne usine, une décharge, et à cause des incinérateurs à déchets. Et comme la qualité du sol n'est pas un critère retenu pour produire en bio, les animaux mangent de l'herbe contaminée.

Cela démontre une faille du système bio, parce que les sols ne sont pas testés avant qu'un agriculteur s'installe sur un champ. Les niveaux découverts sont tout de même en-dessous des seuils réglementaires, mais les PCB et les dioxines sont quand même cancérogènes et perturbateurs endocriniens. Or, il ne faut pas oublier l'effet cocktail. Ce sont des molécules qui s'accumulent dans le corps et ne peuvent pas s'éliminer. Ils contaminent ensuite les vaches dans les prés, mais aussi les poules.

"Pour les œufs on est soumis aussi à cette même problématique de polluants atmosphériques. La référence non bio, donc les poules élevées à l'intérieur, contient moins de polluant", indique l'ingénieur agroalimentaire Antoine Haenkens.

Selon la Fédération nationale de l'agriculture biologique (FNAB) :

Alors que le label bio impose aux paysans et paysannes des exigences fortes de production, leurs animaux, leurs fruits, leurs légumes sont exposés à la pollution qui nous entoure, plus que des animaux élevés en batterie ou des fruits et légumes hors sol.

Gâteaux bourrés de sucres et conditions de travail "dignes de l'esclavage"

Bio ne veut pas dire diététique. Dans les gâteaux bio contenant des farines complètes par exemple, du sucre est rajouté pour masquer son amertume. Quant à l'huile de palme bio, elle nécessite de déforester davantage que l'huile de palme conventionnelle.

Le bio n'est pas non plus une garantie éthique. Certains travailleurs en Espagne cultivent et ramassent les fruits et légumes bio toute la journée dans d'immenses serres chauffées. Ces ouvriers viennent du monde entier et vivent dans des conditions dignes de l'esclavage et des bidonvilles selon Christelle Pangrazzi, rédactrice en chef adjointe des hors-séries du magazine "60 millions de consommateurs".

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