Un brevet, déposé en 2018 mais validé il y a quelques jours seulement, permet à Spotify d'analyser des enregistrements sonores pour y détecter des caractéristiques de la voix et de l'environnement sonore de ses utilisateurs. Une technologie déposée pour affiner les recommandations musicales de la plateforme.

Le logiciel Spotify entend affiner les recommandations musicales de ses utilisateurs
Le logiciel Spotify entend affiner les recommandations musicales de ses utilisateurs © AFP / MEHMET ALI OZCAN / ANADOLU AGENCY

C'est un des enjeux majeurs pour les plateformes de streaming musical : proposer aux utilisateurs des découvertes musicales toujours plus affinées et précises. Qu'elles s'appellent "Flow" chez Deezer, "Mix quotidien" ou "Découvertes de la semaine" sur Spotify ou "Pour Vous" chez Apple Music, elles sont un argument commercial de taille pour ces plateformes qui se disputent des millions d'utilisateurs et d'utilisatrices de plus en plus friands et friandes de musique en streaming. 

Détecter les émotions et l'environnement

Parmi les techniques toujours plus nombreuses pour pousser plus en avant les recommandations, Spotify vient d'obtenir, le 12 janvier dernier, la validation d'un brevet déposé en 2018, selon la BBC. Ce brevet concerne une technologie d'intelligence artificielle qui permet à Spotify de "faire des observations" sur l'environnement sonore et la voix des utilisateurs. 

Concrètement, l'application devrait donc devenir capable d'analyser votre voix, non seulement pour déchiffrer ce que vous dites, mais aussi pour savoir si vous êtes un homme ou une femme, évaluer votre âge, mais aussi avoir une idée de votre émotion du moment, ou de l'environnement dans lequel vous vous trouvez – un appartement calme ou au contraire des transports en commun. Le tout pour, à partir de ces éléments – et en les croisant avec des éléments déjà en place comme l'analyse des playlists existantes, vous proposer de la musique que vous serez susceptible d'aimer. 

Pas de détails sur l'enregistrement des sons

En revanche, si le brevet explique bien comment la "source audio" ("audio input") peut être analysée pour être transformée en métadonnées donnant des indications pour recommander de la musique, il n'explique pas comment le logiciel captera la source audio en question. On n'en est donc pas encore à l'appareil-espion qui écoutera son utilisateur en permanence ; et on peut imaginer, par exemple, que Spotify se base sur les requêtes qui lui sont transmises par l'intermédiaire des assistants vocaux comme Alexa ou Siri. 

Ou encore, qu'il exploite d'autres technologies : en septembre dernier, l'application annonçait l'arrivée d'un mode karaoké permettant à chacun de chanter sur ses titres préférés. Et qui dit karaoké dit... micro ouvert. Derrière cette fonction axée sur le divertissement pourrait donc se cacher pour le logiciel la clé vers la possibilité d'écouter directement (mais pas à leur insu) ses utilisateurs.