Deux études, parues ces derniers jours, démontrent l'efficacité du vaccin AstraZeneca, développé avec l'université d'Oxford, notamment pour lutter contre les formes graves, y compris chez les plus âgés. Après des semaines de doutes et de remises en question qui ont poussé certains patients à le bouder.

Jusqu'alors, le serum d'AstraZeneca avait mauvaise réputation, même si Alain Fischer, "monsieur Vaccin" français, a toujours considéré qu'il s'agissait d'un "bon vaccin".
Jusqu'alors, le serum d'AstraZeneca avait mauvaise réputation, même si Alain Fischer, "monsieur Vaccin" français, a toujours considéré qu'il s'agissait d'un "bon vaccin". © AFP / Frank Hoermann / Sven Simon / SVEN SIMON / dpa

L'utilisation du vaccin AstraZeneca contre la Covid-19 va être étendue aux personnes âgées de 65 à 75 ans présentant des comorbidités, a confirmé lundi soir le ministre de la Santé, invité du journal de 20 heures, sur France 2. Désormais, les personnes âgées de "50 ans et plus, incluant les 65-75 ans", qui souffrent de "ce qu'on appelle des comorbidités, des fragilités" pourront "se faire vacciner avec AstraZeneca", chez "leur médecin traitant, dans l'hôpital qui les suit" ou "dans quelques jours en pharmacie", a précisé Olivier Véran. Les 75 ans et plus continueront à être vaccinés avec le Pfizer ou le Moderna en centre de vaccination.

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Ces dernières semaines, le sérum du laboratoire pharmaceutique suédo-britannique, élaboré avec l'université d'Oxford, avait mauvaise presse, notamment chez les soignants. "Ce n'est pas un vaccin au rabais" avait dû rappeler le "Monsieur Vaccin" du gouvernement Alain Fischer, mi-février. "Si c'est ce vaccin qui m'est proposé, je le prendrai bien évidemment", a même lancé Emmanuel Macron, jeudi, louant un vaccin "secure" selon les critères des autorités sanitaires. D'autant que désormais, plusieurs études montrent son efficacité, notamment pour prévenir les formes graves et chez les plus âgés.

Une étude écossaise a fait bouger les lignes

Les chiffres rendus publics le 22 février par l’agence sanitaire écossaise (Public Health Scotland) et l’université d’Édimbourg ont sans doute fait bouger la position française. Cette étude, qui compare les données d'hospitalisation de 5,4 millions de personnes (dont 1,4 million de personnes ayant reçu une première injection), "[fournit] une preuve supplémentaire que le vaccin protège contre les formes graves de la Covid-19, en particulier dans les populations plus âgées qui sont les plus à risque".

Dès la deuxième semaine suivant l’injection, les données montrent une chute des hospitalisations. De 47 % de protection la deuxième semaine à 84 % la cinquième, avant d’amorcer un recul pour tourner plutôt autour de 60 % à partir de la sixième semaine et au-delà. Comme le souligne Le Monde, le vaccin AstraZeneca fait même légèrement mieux que le vaccin de Pfizer-BioNTech. L'ajout de la seconde dose ne peut ensuite qu'ajouter en efficacité.

Une étude britannique confirme ces bons chiffres

Une autre étude, menée en conditions réelles au Royaume-Uni chez les plus de 70 ans et publiée lundi, a montré que les vaccins Pfizer et AstraZeneca étaient tous deux, là encore, "hautement efficaces" après une première dose, particulièrement sur les hospitalisations (et donc les formes graves). Une "bonne nouvelle", saluée par le ministre ministre britannique de la Santé.

Cette étude de l'organisme Public Health England (PHE), qui n'a pas encore été évaluée par un comité de lecture, conclut elle que ces deux vaccins présentent une efficacité de plus de 80% pour prévenir les hospitalisations chez les plus de 80 ans, trois à quatre semaines après la première injection. Chez les plus de 70 ans, la protection contre les formes symptomatiques de la maladie quatre semaines après une première dose se situe entre 60 et 73% pour le vaccin Oxford-AstraZeneca.