Un supporter ultra du PSG a été condamné mercredi soir à trois ans de prison pour des violences ayant entraîné la mort d’un autre fan du club, en 2010.

Un supporter anglais interpellé à Marseille pendant l'Euro 2016
Un supporter anglais interpellé à Marseille pendant l'Euro 2016 © AFP /

Frappé à mort lors d’une bagarre entre supporters rivaux en 2010, Yann Lorence avait succombé à ses blessures, après deux semaines de coma. L'un de ses agresseurs, Jérémy Banh, a été reconnu coupable de ces coups mortels et condamné mercredi soir à trois ans de prison ferme, par la cour d'Assises de Paris. Un autre supporter, jugé pour les mêmes faits, a été acquitté.

Comment cet événement a changé le rapport entre supporters ultras et les autorités ? Ecoutez le zoom de la rédaction.

Quand la violence des supporters l’emporte sur la passion du sport, quelles sont les réponses des pouvoirs publics ?

Les chocs du Heysel et de Port-Saïd

Le 29 mai 1985, la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions oppose les Anglais de Liverpool aux Italiens de la Juventus de Turin dans le stade du Heysel, à Bruxelles.

Plus d'une heure avant le début de la rencontre, les supporters anglais partent à l’assaut de la tribune des Italiens. S’ensuivent une bousculade et l’effondrement des grilles de séparation et d’un muret, sous la pression et le poids des supporters. Le bilan est extrêmement lourd : 39 morts et plus de 454 blessés.

Après cette tragédie, l’UEFA a mis en place plusieurs normes contraignantes, comme l’obligation de places assises. Pendant trois ans, tous les clubs anglais sont interdits de coupes d’Europe. Liverpool est privé de compétition européenne pendant dix ans. La peine sera finalement réduite à six ans.

Le 1er février 2012, un match de championnat d’Égypte oppose le club d'Al Masry, qui joue à domicile à Port-Saïd, et celui d'Al Ahly SC, basé au Caire. Après la défaite de leur club (1-3), les supporters locaux prennent d’assaut les tribunes du stade. Bilan : au moins 74 morts.

C’est l'incident le plus meurtrier de l'histoire du football égyptien. De nombreuses personnes sont mortes piétinées dans les bousculades, mais aussi poignardées ou après avoir chuté des gradins.

Les réponses législatives en France

L’interdiction judiciaire de stade (IJS) a été créé en 1993 en France. Les juges peuvent interdire un supporter de stade pendant cinq ans au maximum. Depuis 2006, cette sanction peut être délivrée par un préfet sur la seule foi d'un rapport de police (ce sont les interdictions administratives de stade).

La loi Larrivé, adoptée en avril dernier, permet aux clubs eux-mêmes d'interdire l'accès à des individus qu'ils considèrent comme perturbateurs.

En 2009, une unité de police exclusivement consacrée à la gestion des débordements lors de rencontres de football est créée: la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNHL).

Le cas du Paris-Saint-Germain

Le 28 février 2010, le Paris-Saint Germain accueille son grand rival, l’Olympique de Marseille, au Parc des Princes. Aux abords du stade parisien, une bagarre générale éclate. Yann Lorence, 37 ans, ne s'en relèvera pas.

La mort du supporter conduit à un tournant dans l'histoire du PSG. Sous la pression des pouvoirs publics, la direction du club parisien lance un plan pour chasser les hooligans des tribunes du Parc.

Le plan prévoit une sécurité renforcée aux abords du stade mais aussi le placement aléatoire des supporteurs dans les virages afin d'affaiblir les groupes. Le gouvernement avait dissous par décret cinq associations de supporteurs des tribunes Boulogne et Auteuil. Six ans après, les ultras ont fait leur retour au Parc des Princes le 1er octobre dernier, avec l'assentiment des autorités.

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