Dans une enquête publiée ce lundi, le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU dresse un bilan du dédoublement des classes de CP dans les zones REP+, qui doit être étendu aux CE1 à la rentrée prochaine. Si l'impact pédagogique est bon, la mesure est problématique pour l'organisation des écoles.

Depuis la rentrée 2017, les classes de CP en REP+ sont dédoublées
Depuis la rentrée 2017, les classes de CP en REP+ sont dédoublées © Maxppp / Guillaume Bonnefont/IP3 PRESS

Doubler les classes de CP pour limiter les effectifs dans ces classes, ça marche ? Un an après la mise en place de cette mesure voulue par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, qui vise à limiter à 12 le nombre d'élèves dans une classe de CP, le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU publie ce lundi une enquête sur les effets de la mesure.

L'enquête a été menée entre avril et mai sur l'ensemble des départements comptant des écoles en zone REP+ (réseaux d'éducation prioritaire renforcé), où la mesure était expérimentée cette année. Sur les 3852 classes de CP dédoublées, le syndicat a obtenu des réponses complètes pour 388 d'entre eux : les résultats "reposent donc sur un échantillon représentatif d'un peu plus de 10% des classes", explique l'enquête.

Effets positifs sur l'apprentissage

Du point de vue de l'impact sur la classe et sur les élèves, la mesure semble avoir eu des effets largement positifs : 90% des personnes qui ont répondu disent que le climat de la classe est plus apaisé, 59% que les élèves sont plus autonomes, et 84% que cela favorise les interactions entre les élèves. 81% des personnes qui ont répondu estiment que la dynamique de classe reste possible malgré les effectifs réduits, et 56% que les élèves ne sont pas trop sollicités. La plupart des enseignants (66%) estime aussi que cette nouvelle organisation permet de meilleurs échanges avec la famille.

Résultat : les enseignants sont 71% à estimer que les compétences sont acquises plus rapidement. Et 93% d'entre eux affirment qu'ils se sont autorisés à mettre en place d'autres formes d'enseignement, comme le travail en ateliers ou en petits groupes. Cela ne change malheureusement pas grand chose pour les élèves en grande difficulté, relevant du Réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased) : "Les élèves en très grande difficulté restent en très grande difficulté, le dédoublement rencontre cette limite : nous ne sommes pas devenus des orthophonistes, ni des psychologues", explique le rapport.

Problèmes d'organisation

Là où la situation semble plus problématique, c'est sur l'organisation de ces dédoublements de classes : pour 66% des classes, un problème de locaux s'est posé. Il a fallu supprimer d'autres salles pour les libérer à l'attention des CP dédoublés : et dans 27% des cas, c'est la bibliothèque de l'école qui en a fait les frais. 18% des classes n'ont même pas pu réellement dédoubler leurs classes et ont affecté deux enseignants à la même classe.

Alors que 77% des écoles disent ne pas avoir bénéficié d'un budget spécifique, et même si une majorité d'enseignants ont été formés (69%, et 65% estiment que ces formations ont aidé à affiner les pratiques en classe), cette mesure a eu un impact sur les autres classes : pour libérer des enseignants à destination des CP, 74% des sondés déclarent qu'il a fallu augmenter les effectifs d'autres classes. Une situation qui risque de poser problème alors que la mesure doit être étendue aux CE1 en REP+ et à tous les CP en REP l'an prochain. 

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