Six mois après avoir dénoncé l'insuffisante aide au développement de la France, l'ONG One interpelle les candidats à l'élection présidentielle.

One appelle la France à mieux répartir l'Aide au développement dans la santé, l'éducation et la sécurité alimentaire en Afrique.
One appelle la France à mieux répartir l'Aide au développement dans la santé, l'éducation et la sécurité alimentaire en Afrique. © AFP / SANDRA GÄTKE / DPA

Quel plan pour l'Afrique ? C'est la question que pose l'ONG One qui a lancé en mars son opération Cap ou pas cap ? à destination des candidats à l'élection présidentielle. La France, qui est pour l'instant cinquième contributeur mondial, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Japon, accuse un retard qui devrait être confirmé par les chiffres de l'OCDE publiés ce mardi midi. La France, qui n'a pas atteint ses promesses de consacrer 0,7% de son RNB (revenu national brut) à l'aide au développement (ADP) - entre 2010 et 2015, cette aide est même passée de 0,50% à 0,37%.

Un retard qui inquiète l'ONG One, à quelques semaines de l'élection du nouveau président de la République. Pour l'occasion, elle a lancé son opération Cap ou pas cap ?, très relayée sur les réseaux sociaux grâce à la mise en scène de Romy, une petite fille de 8 ans, qui interpelle les onze candidats.

Augmenter le budget, cibler les pays les plus fragiles, renforcer la lutte contre l'évasion fiscale...

L'ONG met en avant quatre axes à développer pour renforcer l'aide à destination de l'Afrique, à commencer par une augmentation du budget de l'ADP. Pour One, la France doit atteindre le seuil de 0,7% de son RNB alloué à l'ADP d'ici 2022, en l'augmentant progressivement dès 2018. Pour ce faire, One demande à la France "d'allouer 100% de sa taxe sur les transactions financières au développement" et de "multiplier par 2,5 les crédits de la mission ADP d'ici 2022".

► LIRE AUSSI | L'aide humanitaire de la France critiquée dans un rapport

La France doit aussi mieux répartir l'ADP, pour "renforcer les secteurs sociaux comme la santé, l'éducation et la sécurité alimentaire" en consacrant notamment au moins 50% de l'ADP à des projets qui visent à réduire les inégalités femmes-hommes. One demande aussi à ce que la lutte pour préserver le climat soit dirigée vers les pays les plus pauvres et les plus fragiles, "qui sont les moins responsables" mais les "plus touchés" par le réchauffement climatique.

One propose ensuite la publication des informations comptables des multinationales, pays par pays, pour identifier les lieux où ces dernières paient leurs impôts afin de lutter contre l'évasion fiscale et la corruption.

Enfin, l'ONG exige de la France une action de lobbying auprès des autres puissances mondiales, et notamment du G20, pour "s'assurer que l'aide européenne allouée à l'Afrique augmente", en dépit des conséquences économiques du Brexit.

Hamon , Dupont-Aignan, Mélenchon et Cheminade se disent "cap"

Pour l'heure, seuls quatre des onze candidats à la présidentielle se sont dits "cap" : Benoît Hamon et Nicolas Dupont-Aignan d'abord, suivis début avril par Jean-Luc Mélenchon et Jacques Cheminade.

Le candidat socialiste, dont les engagements ont été publiés par One lors de l'anniversaire du traité de Rome, "a, pour les quatre priorités identifiées par One, pris la majorité des engagements nécessaires afin d’améliorer la situation des populations et des pays les plus pauvres et les plus vulnérables d’Afrique et de lutter efficacement contre l’extrême pauvreté."

Le candidat Debout la France a lui aussi détaillé ses engagements et sa vision de ce que doit être l'ADP, estimant qu'il faut une "augmentation substantielle de l’aide au développement".

Jean-Luc Mélenchon veut de son côté aller plus loin en dépassant les objectifs budgétaires de 0,7% du RNB, afin de mettre en place "une meilleure et réelle politique pour le développement social, économique et environnemental mondial". Un objectif "ambitieux mais précis" salué par One.

Jacques Cheminade, enfin, veut injecter des fonds dans le fonds Franco-Chinois pour l'Investissement dans les pays tiers, à hauteur de 50 milliards d'euros d'ici les dix prochaines années.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.