L'homme qui a avoué le viol et le meurtre d'Angélique ne bénéficiait pas d'un suivi médical. Il n'était pas soumis à une obligation de soins, car la loi qui aurait pu le lui imposer date de 1998, alors qu'il a été condamné en 1996. Le point sur les les traitements et le suivi médical des délinquants sexuels.

 L'homme qui a avoué le viol et le meurtre d' Angélique ne bénéficiait pas d'un suivi médical.
L'homme qui a avoué le viol et le meurtre d' Angélique ne bénéficiait pas d'un suivi médical. © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Quel suivi médical pour les délinquants sexuels ? Etait-il possible d'éviter une récidive ? De nombreuses questions se posent après le viol et le meurtre de la petite Angélique. L'homme qui a avoué ce crime n'avait pas bénéficié d'un suivi après une première condamnation en 1996. A cette époque, la loi "relative à la prévention et répression des infractions sexuelles et à la protection des mineurs" n'avait pas encore été votée. Elle ne date que de 1998. Après 20 ans d'application de cette législation, comment un tel suivi est-il mis en place ?  

Depuis la loi de juin 1998, les délinquants peuvent être soumis à une injonction de soins ordonnée par le juge. C'est le médecin, généralement un psychiatre, qui décide du type de suivi : entretien psychologique, thérapie de groupe, prescription de médicaments qui sont des "coupe faim" sexuels et qui bloquent les récepteurs de l'hormone masculine. Pour que ces traitements soient efficaces, l'adhésion est indispensable comme l'explique le docteur Bernard Cordier, psychiatre à l'hôpital Foch, spécialiste du suivi de délinquants sexuels : 

Il n'est pas question de le donner contre la volonté du sujet. Ça bloque les récepteurs de l'hormone masculine. On peut le prendre toute la vie. J'ai un patient qui ne veut pas l’arrêter. Il me dit : "je sais que si j'arrête, je recommence". 

Si la personne se soustrait à l'injonction de soins, le juge est alerté et peut ordonner une nouvelle mise en détention. Quelle est la durée de ce suivi ? Elle peut se prolonger une dizaine d'années voire plus. Les médecins ne parlent pas en tout cas de "guérison" comme l'explique le docteur Cordier :  

Le mot guérison n'est pas tout à fait adapté. On peut avoir des réorientations pour des personnes qui ont des déviances, mais c'est long et cela demande un suivi régulier et contrôlé qui peut durer toute la vie. J'ai deux patients que je vois depuis plus de 25 ans.

Presque 20 ans après la mise en place de cette loi, on manque encore de médecins experts suffisamment formés. Chez les pédophiles, le taux de récidive est de 7 à 10%.

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