La Fédération française des métiers de la fourrure crée une ligne d'assistance pour les victimes portant de la fourrure. Elle dénonce l'augmentation des incivilités de la part des militants anti-fourrure et lance un centre national d'information. Car en matière de fourrure, tout n'est pas interdit.

Dans le commerce, 80% des fourrures proviennent de l'élevage
Dans le commerce, 80% des fourrures proviennent de l'élevage © Maxppp / -

La Fédération française des métiers de la fourrure est préoccupée, et elle le fait savoir. Si elle crée une hotline pour les "victimes d’agression" de militants anti-fourrure, c'est que, selon elle, des agression verbales ou physiques ont lieu chaque semaine. "SOS agressions animalistes" permettra d'écouter, d'informer et d'orienter sur le plan juridique, précise la fédération, qui lancera également un centre national d'information sur la fourrure en ligne, courant décembre.

Dans le communiqué, la fédération française des métiers de la fourrure s'en prend aussi aux maisons de mode qui se détournent des vrais poils, comme Gucci ou Devred 1902, "pour en tirer un profit d'image", lit-on. Mais d'où provient la fourrure en France ? Quelles peaux peut-on porter ? Lesquelles sont interdites ? 

L'élevage fournit l'essentiel

La plupart des fourrures que l'on trouve dans le commerce sont issues d'élevage, soit près de 80 %. Dans l'industrie on trouve les fourrures de visons, de renards et de chinchillas. Il y a également celles de ratons laveurs, souvent utilisées pour orner des capuches de manteau, de lapin Rex et de mouton karakul.

La fourrure représente près de 300 millions de chiffre d'affaires et environ 2 500 emplois, précise la Fédération. Et le marché est actuellement en progression, de l'ordre de 5% par an.

Un permis pour un manteau en léopard 

Mais qu'en-est-il des vêtements en fourrure de léopard ou même de gorille ? En France, les personnes qui détiennent ou transportent des "spécimens d'espèces protégées par la convention de Washington doivent être en mesure de justifier à tout moment de la régularité de cette détention", peut-on lire sur le site de la douane. La détention, la circulation et le commerce de produits issus d'espèces menacées sont donc strictement encadrés.

S'il s'agit d'un manteau issu d'un héritage, acquis de façon légal, il doit être déclaré et obtenir un permis Cites (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction).

Parmi les espèces longtemps chassées pour leur fourrure et maintenant protégées, on trouve les grand félins, les gorilles ou encore les loutres. La régularisation se fait auprès des services régionaux, notamment les Dreal.

S'il s'agit d'une pièce achetée illégalement ou sans certificat, vous risquez une grosse amende voire une peine de prison et la pièce peut être détruite. 

La fourrure de chat ou de chien interdite

En 2007, le Parlement européen a voté à une large majorité l'interdiction du commerce de fourrures de chat ou de chien dans l'Union, à la demande de plusieurs associations de défense des animaux comme 30 Millions d'amis, qui avait révélé, en 1997, l'existence d'un commerce de chats et de chiens écorchés vifs en Chine. En France, un arrêté avait déjà interdit la fourrure de chat ou de chien le 5 novembre 2003.

En Autriche, en Angleterre et en Croatie, l’élevage d’animaux à fourrure est illégal.

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