Le 29 décembre 2017, Naomi Musenga, jeune maman de 22 ans, décédait - officiellement d'une intoxication au paracétamol - quelques heures après un appel pris à la légère par le Samu de Strasbourg. Un an après, où en est l'affaire et des leçons ont-elles été tirées de ce tragique événement ?

Gloire Musenga, le frère aîné de Naomi Musenga, lors d'une marche silencieuse en la mémoire de sa soeur, le 16 mai 2018 à Strasbourg
Gloire Musenga, le frère aîné de Naomi Musenga, lors d'une marche silencieuse en la mémoire de sa soeur, le 16 mai 2018 à Strasbourg © AFP / Frédérick FLORIN

Difficile d'oublier cet enregistrement, rendu public en avril dernier, quatre mois après les faits. 

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Extrait de l'appel au Samu de Naomi Musenga le 29 décembre 2017

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Naomi Musenga, 22 ans, qui souffre ce jour-là de violentes douleurs abdominales, décédera au CHU de Strasbourg, cinq heures après cet appel, et après avoir été contrainte de s'adresser à SOS Médecins. Officiellement pour intoxication au paracétamol, mais pour ses parents, c'est un défaut de prise en charge qui a coûté la vie à Naomi.  

En juin dernier, l'inspection générale des affaires sociales a sorti une enquête accablante pour le Samu. Elle pointe la responsabilité individuelle de l'opératrice qui a d'ailleurs été suspendue, mais aussi une défaillance dans l'organisation du service qui n'était "pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques" et "source de risque pour les patients". L'appel aurait dû être transféré à un médecin, ce qui n'a pas été fait. Dans la foulée de ce rapport, le responsable du Samu de Strasbourg a démissionné. 

En juin toujours, la justice a ouvert une information judiciaire, toujours en cours. Au ministère de la Santé, des mesures ont été prises pour renforcer la qualité des Samu et s'assurer que les procédures sont respectées. 

Les opérateurs qui répondent au téléphone seront mieux formés aussi. Dès septembre prochain, une dizaine de centres vont voir le jour pour qualifier ces personnels et leur donner un diplôme. Objectif : leur apprendre à mieux identifier le problème médical d'un appelant.

La famille et les proches de Naomi Musenga organisent un rassemblement, samedi 29 décembre, Place de l'Hôpital à Strasbourg (Bas-Rhin) entre 16 heures et 18 heures. "Nous voulons nous rappeler, nous voulons nous faire entendre, nous voulons nous soutenir", expliquent les proches de la jeune femme sur la page Facebook "Justice pour Naomi Musenga".

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