Que faire quand un adolescent rentre en crise - la fameuse "crise d'ado" ? Quand il ment à ses parents ? Qu'il oublie les principes d'hygiène ? Quelques conseils de spécialistes…

Adolescente contrariée
Adolescente contrariée © Getty / Rachael and Raelean Rush

Hier encore, votre enfant était si mignon… Aujourd'hui il est incompréhensible et maussade ? Il est rentré dans la fameuse "crise d'adolescence". Et, chers parents qui lisez ces mots, préparez-vous car, selon le pédopsychiatre Olivier Revol :

Au niveau neuroscientifique, l’adolescence, c’est de 10 à 25 ans - ou plutôt 22 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons. Le cerveau frontal avant 25 ans ans n’est pas fini encore - or c’est cette partie qui permet de réguler les émotions.

Voici quelques conseils pour faire face à diverses situations de crise, prodigués dans Grand bien vous fasse ! par la journaliste Christilla Pellé-Douel, le pédopsychiatre Olivier Revol et l'auteure de L'Encyclo des filles, Sonia Feertchak.

Que faire quand un ado rentre en crise ?

  • L'adolescent résiste là où les parents insistent. Si les parents insistent plus sur le look, l’état de la chambre, le travail ; c’est là qu’il nous attend pour se différencier, pour créer sa propre identité.
  • Ne pas culpabiliser. Les adolescents testent leur parents. Il faut rester ferme (ou du moins essayer). Les parents sont comme un bateau dans une tempête pendant l’adolescence ; les enfants ont besoin de se raccrocher au mat de misaine.
  • Apprendre à leur faire confiance. Il faut leur laisser une part de prise de risque.
  • Être exemplaire. L’adolescent n’écoute pas ce qu’on lui dit mais regarde comment on est.

Que faire quand un ado nous ment ?

  • Laisser couler... parfois. Le mensonge permet de préserver une part de notre intimité et une part de notre identité donc mentir, c’est normal. Mais ça ne l’est plus quand la sécurité (la leur ou celle des autres) est en jeu.
  • Se montrer ferme. En effet, tous les invités d'Ali Rebeihi en sont convaincus : l’autorité rassure les ados. Quand vous dites à un ado “tu rentres à minuit” et qu'il rentre avec dix minutes de retard, laisser couler. Mais s’il ne rentre qu’à 3h du matin et que vous êtes endormi, il va se demander “Qu’est ce qui se serait passé si j’avais eu un accident de mobylette ou si j’avais rencontré Marc Dutroux ?”. Il peut se dire que son sort ne vous importe pas. S’il y a un manquement grave à la parole donnée et/ou à la sécurité, il faut intervenir.
  • Faire attention à garder le cap : être juste avant d'être aimable. Les adolescents cherchent les limites. Comme le rappelle Olivier Revol avec une métaphore très imagée : "Les mayonnaises, ça monte dans un bol, jamais dans une assiette. L’adolescent a besoin des limites pour grandir".

Que faire quand un ado ne nous parle plus ?

  • Insister et trouver le moyen de rentrer en contact avec lui. Quand l’adolescent ne nous parle plus, il nous provoque (Olivier Revol rappelle à ce sujet que le verbe "provoquer" vient du latin “pro- vocare” : susciter la parole de l’autre).
  • Accepter qu’un ado fasse la gueule sans qu’on comprenne pourquoi. Ça arrive…
  • Provoquer le "moment idéal". Il y a des moments féconds - des moments où on peut discuter et d’autres non. Le moment idéal, c’est le parler "à-côté" : dans la voiture, en regardant la télé, en bricolant - mais surtout pas en face-à-face.

Que faire quand un ado se croit à l’hôtel ?

  • Rappeler les règles de vivre ensemble : le territoire familial est commun, il n’a pas le droit de prendre ses aises au détriment des autres.
  • Lâcher prise (un peu) sur leur tanière. C'est très important pour eux. Et peut-être leur rappeler que s'ils laissent traîner de la nourriture pendant des semaines, leur chambre a de bonnes chances d'avoir des cafards pour colocataires.

Que faire quand les parents n’aiment pas les (petits) amis de leurs enfants ?

  • Faire un effort sur soi-même. Ce serait contre productif : rejeter les amis, c’est avoir la certitude qu’on va obtenir l’effet inverse ! Ayez de la patience. A un moment ça va s’arrêter, on n’a pas toujours 15 ans...
  • Rappeler les règles dans la maison. Lui dire “on n’est pas obligé d’aimer tes amis ; mais tu n’es pas obligé d’imiter tes amis.
  • Accepter. Olivier Revol rappelle qu'éduquer vient du latin “ex-ducare” : “conduire au dehors”. Il vaut mieux qu’il ait des amis, même qui ne vous plaise pas plutôt qu’il reste seul dans sa chambre. Avoir des amis, c’est déjà commencer son mouvement d’autonomisation.

Trois principes de base à retenir

  • Garder le cap
  • Leur parler avec humour ; ça aide à mettre de la distance. (exemple d'application : "J’ai caché 20 euros dans ta chambre ; range-la, tu les trouveras").
  • Leur expliquer : "je suis là pour que tu n’aies plus besoin de moi un jour".

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