Charisme, succès, anecdotes... ils ont durablement marqué l'histoire du Tour. Portrait de quelques figures de la Grande Boucle.

1967, Pingeon l'émergence tardive

C’est à 25 ans seulement que le natif du Bugey, talentueux mais réputé caractériel, passe professionnel. Dans le peloton, c’était « Pinpin », « Pinpon », « le plombier-zingueur » ou « le grand échassier », ces deux derniers surnoms faisant référence à son authentique métier et à sa morphologie longiligne.Peut-être ne serait-il jamais sorti de l’anonymat sans le Tour 1967 : porteur du maillot jaune après une échappée victorieuse entre Roubaix et Jambes en Belgique, la logique voudrait qu’il le cède à Raymond Poulidor. Mais la malchance s’acharne sur le Limousin dans l’étape clé du Ballon d’Alsace.Ayant course perdue, Poulidor mettra son expérience et sa classe au service d’un Pingeon finalement victorieux à Paris.

Pingeon Parisien 1967
Pingeon Parisien 1967 © Radio France

1976 : Van Impe, triomphe d'un grand enfant

Grimpeur seulement !A 30 ans, dans le Tour 1976, Lucien Van Impe a déjà gagné trois fois le classement de la montagne. Mais en l’absence de Merckx, son directeur sportif Cyrille Guimard sait que son champion a toutes les qualités pour s’imposer en jaune.Toutes, sauf la constance dans l’effort. Lucien papillonne et souffre d’un certain manque d’ambition. Et il faudra que Guimard le gronde pour qu’il accepte de se faire violence entre Saint Gaudens et Saint Lary pour qu’il se lance dans une attaque gagnante. A la clé, une métamorphose et une victoire à Paris.

### 1988, Delgado gardé de justesse Grand coureur, mais coureur sans éclat.C’est avec cette étiquette un peu terne (malgré une victoire dans le Tour d’Espagne en 1985) que Pedro Delgado s’aligne au départ de la Grande Boucle en 1988. Mais dans les Alpes, on ne va plus voir que lui. Entre Morzine et l’Alpe-d’Huez, il s’empare du maillot jaune qu’il va conforter dans un contre-la-montre magistralement remporté entre Grenoble et Villard-de-Lans.Une star est en train de naître ? Non : à 5 jours de l’arrivée, il est convaincu d’avoir utilisé un diurétique susceptible de masquer la prise d’anabolisants. Ce qu’il nie, invoquant la possibilité de l’avoir ingéré en buvant le contenu d’une bouteille tendue par un spectateur. Le produit est interdit par le Comité International Olympique, pas par l’Union Cycliste Internationale et Delgado ne sera pas déchu de sa victoire finale.10 ans après, Richard Virenque popularisera l’expression « … à l’insu de mon plein gré ». ### 2003, Richard Virenque, l’homme à pois Grimpeur hors classe, Richard Virenque reste dans l’histoire du Tour comme celui qui a remporté le plus souvent (7 fois) le classement de meilleur grimpeur.L’ennui, c’est que cet impulsif parlait parfois aussi vite qu’il démarrait sur la route. Et son obstination à nier en bloc et en détail toute prise de produit dopant allait aussi le faire rentrer dans l’histoire.Son équipe, Festina, est mise hors course en 1998 dans le plus retentissant des scandales de dopage…Avant qu’on ait eu connaissance de la réalité de l’affaire Armstrong. La France est alors sous le charme de la victoire en Coupe du Monde de ses footballeurs : difficile de pardonner à qui se défend si mal. Pour remonter la pente de la popularité, il lui faudra faire à nouveau étalage de tout son talent de grimpeur…et de la sagesse acquise durant le marathon judiciaire de l’affaire Festina.
Virenque podium
Virenque podium © Christophe Abramowitz / Christophe Abramowitz
### 2010, Zoetemelk, Le Hollandais du Tour Affable et disponible, serein et sérieux, tel était Joop Zoetemelk coureur, tel reste Joop Zoetemelk qu’on voit encore parfois sur la route du Tour où il lui arrive de passer parfois et où il est toujours accueilli chaleureusement. Ca s’il n’est pas le premier vainqueur (en 1980) batave de la course (Janssen l’avait gagnée en 1968). Mais c’est bien lui (et non Raymond Poulidor !) qui a été le plus souvent deuxième. 6 places de deuxième entre 1971 et 1982.
Zoetemelk
Zoetemelk © Radio France / Stéphane Capron
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