Les 50's. Le temps de la Guerre Froide et du Rockabilly, de James Dean et d'Edith Piaf... et des Tours de France remportés par Bobet, Bahamontes, Gaul...

1951 Koblet

Le Tour 1951 marque l’avènement du « pédaleur de charme ».Hugo Koblet, grand rouleur et stratège de classe, ne manquait pas de se donner un coup de peigne quelques kilomètres avant chaque arrivée. Sûr de sa force, il a dominé des débats en contrôlant sans cesse ses adversaires les plus dangereux.Cette façon de maîtriser son premier Tour (il avait tout de même gagné le tour d’Italie l’année précédente) résume le personnage. Contrôle, intelligence et élégance. Mais sa carrière a été éphémère (faute de résultats probants, il l’arrête en 1958) et en 1964, il a trouvé la mort dans un accident de la route.

### 1953 Bobet De 1946 à 1961, « le boulanger de Saint-Méen »(s’il n’avait pas été si doué pour le vélo, il aurait sans doute repris la boulangerie familiale en Bretagne) se taillera le 3ème palmarès de l’histoire du cyclisme français derrière Hinault et Anquetil.Comme beaucoup de très grands champions, c’est un coureur complet, bon rouleur et assez fort en montagne pour distancer à l’occasion les purs grimpeurs. Calculateur et stratège, il agaçait bien du beau monde dans le peloton, au point d’être également surnommé « la pleureuse » ou « la Babette » par un Raphaël Geminiani par exemple…Capitalisant sur sa popularité, il a, l’heure de la retraite venue, créé une prospère chaîne de centre de soins, révélant au grand public les bienfaits de la thalassothérapie. Il est mort des suites d’un cancer à 58 ans, en 1983. ### 1956 Walkowiak Le tourneur de Montluçon a donné à l’histoire l’expression « Un Tour à la Walko », signifiant en quelque sorte un Tour de médiocre facture, sans leader charismatique, au point de s’offrir à un quasi inconnu. La vérité est naturellement moins cruelle pour Walkowiak.Il a certes remporté le Tour 56 sans gagner une seule étape, mais en se glissant systématiquement dans les bonnes échappées, et en se montrant courageux pour limiter les dégâts en montagne. Sans doute aussi a-t-il été mieux dirigé par le patron de son équipe régionale que les coureurs d’une équipe de France minée par les querelles d’ego en l’absence d’Anquetil et Bobet.La carrière de Walko se terminera sans autre coup d’éclat, et à l’heure de la retraite sportive, il finira sa carrière professionnelle comme il l’avait commencée, en toute modestie, comme tourneur dans une usine de sa ville natale de Montluçon.
Walkoniak Le Parisien
Walkoniak Le Parisien © Radio France / Le Parisien
### 1958 Gaul L’édition 1958 restera comme « Le Tour de Gaul », le Luxembourgeois devenu coureur cycliste parce que, finalement, le métier de boucher auquel il se destinait l’enthousiasmait moins que les longues sorties à vélo dans le froid et sous la pluie.Grimpeur déconcertant de facilité, « l’ange de la montagne », « le grimpeur ailé », avait pourtant fort à faire dans sa génération avec un autre surdoué des cols, l’Espagnol Federico Bahamontes, « l’aigle de Tolède ». Face aux favoris de 1958, après avoir remporté le contre-la-montre en côte du Ventoux, Gaul avait annoncé la couleur avant le départ d’Aix-les-Bains : « s’il pleut, j’attaquerai demain dans le Luitel ». Le lendemain, il ne « pleuvait » pas, il tombait des cordes, des hallebardes. En 219 kilomètres jusqu’à Briançon, le gouailleur luxembourgeois lâchait sans pitié tous les grands de ce Tour pour s’imposer en solitaire avec 14 minutes d’avance. Avec seulement 3 étapes pour finir, il ne pouvait plus être battu.Cette étape d’anthologie reste le point d’orgue d’un palmarès au demeurant riche de 2 Tours d’Italie. Charly Gaul est mort en 2005 à l’âge de 72 ans. ### 1959 Bahamontes Année atypique que cette année 1959.Le Tour va sacrer un pur grimpeur, l’Espagnol Federico Bahamontes, et non un coureur complet. Silhouette efflanquée de Don Quichotte, c’est pourtant à son allure aérienne dans les plus fortes pentes qu’il doit son surnom d’ « Aigle de Tolède ». Immense grimpeur mais mauvais descendeur, Bahamontes semblait cantonné à la conquête du classement de la montagne quand en 1959, la véritable guerre opposant les deux meilleurs coureurs Anquetil et Rivière au sein de l’équipe de France lui offrit l’opportunité de s’imposer. Sur 197 kilomètres entre Saint-Etienne et Grenoble, accompagné par un autre grimpeur de classe - le Luxembourgeois Charly Gaul vainqueur l’année précédente - il va distancer tous les favoris qui ne referont jamais leur retard au classement général dans les 5 dernières étapes.C’était la première victoire espagnole dans le Tour, et le retour de Bahamontes au pays a donné lieu à de nombreuses festivités… et à son élection au titre de Grand d’Espagne.
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