C'est le temps du rock'n roll et de la Nouvelle Vague. La France écoute Barbara et les Stones, Sartre refuse le Nobel et Neil Amstrong marche sur la Lune. Et pendant ce temps là, sur le Tour...

1960 Nencini

Des Italiens, la caravane du Tour se souvenait de Gino Bartali et de Fausto Coppi, les campionnissimi d’avant et d’après guerre.Dans leur ombre grandissait Gastone Nencini, vainqueur du Tour d’Italie en 1957.Honnête rouleur et bon grimpeur, casse-cou en descente et fumeur élégant, Nencini reçut à Collombey-lesDeux-Eglises, alors que le peloton s’était arrêté pour saluer le Général de Gaulle, les encouragements de celui-ci. Premier vainqueur de la décennie, mais pape de transition, Nencini allait s’effacer l’année suivante pour le retour au premier plan du vainqueur de l’édition 1957, Jacques Anquetil. Gastone Nencini est mort en 1980 à l’âge de 50 ans.

Nencini Vainqueur 1960
Nencini Vainqueur 1960 © Radio France / Le Parisien

1961-1964 Anquetil

La première partie de la décennie allait être marquée par l’emprise de Jacques Anquetil sur le peloton.Le Normand allait utiliser toute la palette du coureur, se montrant capable de grimper presque aussi vite que les purs spécialistes de la montagne, intouchable contre la montre, rapide éventuellement dans les sprints. Mais son arrogance allait l’empêcher de conquérir complètement le cœur des Français.En 1961, s’appuyant sur une très forte équipe de France, il avait annoncé qu’il dominerait le Tour du début à la fin. La première demi-étape, Rouen-Versailles, était remportée par un Français, André Darrigade. Mais la seconde, contre la montre autour de Versailles voyait Maître Jacques s’imposer et passer la première nuit du Tour en jaune. Un maillot qui restera bien sur ses épaules jusqu’à l’arrivée.Sa quatrième victoire en 1963 relève d’un autre genre d’exploit : face à de redoutables adversaires en montagne (Bahamontes et Poulidor notamment) Anquetil ne lâche rien pour s’imposer en véritable patron du cyclisme mondial.

### 1965 Gimondi La victoire de l’ingénu.C’est ce que retiendra sans doute l’histoire du cyclisme à propos de natif de Bergame, Felice Gimondi en 1965. Sans deux forfaits de dernière minute dans son équipe, il n’aurait sûrement pas participé à son premier Tour à l’âge de 23 ans.Fin tacticien et coureur complet, il avait dans le peloton la réputation d’être un chic type. Mais l’ambition est venue au fil des étapes, et le grand favori de l’année (en l’absence d’Anquetil) Raymond Poulidor, n’a pu que s’incliner, y compris dans la dernière étape contre la montre entre Versailles et Paris. La victoire de l’Italien était tout sauf une injustice : à son palmarès figurent 3 Tours d’Italie et un Tour d’Espagne.Le seul problème de Gimondi allait survenir un peu plus tard. En 1969, Eddy Merckx gagnait son premier Tour et n’allait laisser que des miettes à ses adversaires. ### 1966 Aimar Né en 1941, Lucien Aimar n’a que 25 ans quand il remporte le Tour. Une victoire qui fait dire à Pierre Chany dans « L’Equipe » qu’elle marque le début d’une grande carrière.En fait, Lucien fera partie d’une génération sacrifiée sur l’autel du cannibale belge Eddy Merckx. Champion de France oui, il le sera en 1968. Mais le lieutenant préféré de Jacques Anquetil - qui a fait ses adieux au Tour en abandonnant dans l’étape Camonix-Saint Etienne - ne connaitra pas le palmarès que ses qualités semblaient lui promettre.
Aimar vainqueur 1966
Aimar vainqueur 1966 © Radio France / Le Parisien
### 1968 Janssen Champion du Monde en 1964, le Hollandais Jan Janssen était réputé pour : sa gentillesse, son don pour les langues (installé en France, il parlait remarquablement le français, ce qui le rendait très sympathique notamment aux journalistes) et ses qualités de rouleur.Pour gagner un Tour, la gentillesse n’est hélas pas indispensable, la maîtrise du français non plus. Mais les qualités de rouleur sont essentielles.Dans un Tour une fois de plus promis à un Raymond Poulidor une fois de plus abattu par le mauvais sort (cette année là, renversé par une moto suiveuse !), Janssen ne se contentait pas de courir pour le classement par points. Il avait raison d’insister, puisque c’est dans la dernière étape contre la montre, entre Melun et Vincennes qu’il ravit le maillot jaune au Belge Hermann Van Springel. Il devenait le premier Hollandais à s’imposer sur la Grande Boucle.
Janssen vainqueur
Janssen vainqueur © Radio France / Le Parisien
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