Emmanuel Macron a annoncé lors de l'hommage à Simone Veil qu'elle reposerait au Panthéon, "avec son époux" mort en 2013. Antoine Veil a eu un rôle discret mais décisif dans sa vie.

Antoine et Simone Veil en 2010 pour l'entrée de cette dernière à l'Académie française
Antoine et Simone Veil en 2010 pour l'entrée de cette dernière à l'Académie française © Reuters / Philippe Wojazer

"Tous ceux qui l'ont connue savent très bien à quel point son mari Antoine Veil a eu un rôle plus discret, mais tout à fait éminent dans le parcours de Simone Veil", explique Laurence Parisot, qui avait signé la pétition réclamant l'entrée de l'ancienne ministre de la Santé au Panthéon. Antoine Veil a en effet été un soutien indéfectible de sa femme et de ses combats.

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Simone Jacob rencontre Antoine Veil en 1945, peu après son retour en France et la terrible expérience des camps, et ils se marient un an après, le 26 octobre 1946. Antoine a lui-même échappé de peu à la Déportation. Il se disait d'ailleurs surpris de "l’étran­geté de cette histoire abomi­nable dans une Europe aussi évoluée qu’elle l’est".

"Je suis retourné au fond de la classe"

Simone Veil aura avec lui trois fils (Jean, Claude-Nicolas et Pierre-François) et ils ne se sépareront qu'à la mort d'Antoine, le 12 avril 2013. Diplômé de Sciences Po et de l'ENA, Antoine Veil a notamment fait carrière dans les cabinets ministériels, avant d'être lui-même élu conseiller de Paris en 1971 (et réélu en 1983). Quand sa femme est nommée ministre de la Santé, il préfère s'écarter et se concentrer sur le monde des affaires : "Quand j’ai vu qu’elle évoluait en Formule 1, je suis retourné au fond de la classe", explique-t-il dans une interview à Paris Match.

En 1974 et 1975, il va à la fois conseiller et aider stratégiquement Simone Veil dans son combat pour faire voter la loi sur l'avortement. Il participe d'abord en privé à l'élaboration du texte lui-même. Mais il va aussi, au moment du vote, mobiliser sur la question les élus centristes de sa propre formation, le CDS (dont il a été trésorier) pour apporter quelques voix de plus en faveur du projet.

En avril 2006, il est élevé au rang de Grand Officier de la Légion d'honneur. Et lors de ses obsèques en avril 2013, on reconnait de nombreuses personnalités politiques : Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Édouard Balladur, François Fillon, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn... La politique dont il était lui-même un peu désabusé : "les gens consacrent telle­ment d’éner­gie à se faire élire qu’ils oublient, lorsqu’ils le sont, pourquoi ils ont été élus", regrettait-il peu avant sa mort.

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