Y a-t-il des alternatives aux géants du numérique et des garanties contre les abus ? Ces questions animent les débats de rentrée.

La Cnil estime qu'il faudrait un cadre juridique contraignant contre l'utilisation des données scolaires à des fins commerciales.
La Cnil estime qu'il faudrait un cadre juridique contraignant contre l'utilisation des données scolaires à des fins commerciales. © AFP / VOISIN / PHANIE

Qwant, le moteur de recherche européen, qui fait de la non-collecte des données personnelles sont principal argument commercial, a lancé cette semaine un clip publicitaire assez drôle. On pourrait le résumer par un titre de fable qui serait : "Attention, le loup est au fond des bois, il est déguisé en garde forestier et il pourrait te manger tout cru".

Google n'est pas cité dans le clip mais on comprend bien que le moteur leader en Europe est directement visé. En tout cas en France c'est bien lui le moteur le plus souvent utilisé. "Pourquoi accepter de votre moteur de recherche ce que vous n’acceptez pas dans la vie? " demande donc la voix-off du clip. .

Les choses risquent de bouger avec ce que l'on appelle le Règlement général sur la protection des données , nouvelle règle européenne qui entrera en vigueur en 2018 qui obligera les entreprises et organismes à donner aux citoyens davantage de contrôle sur leurs données privées.

En attendant, le débat a été posé pour l'Education nationale notamment ces dernières semaines. Que font les géants du numériques avec les données des élèves ?

L'éducation Nationale propose une charte sur les respect des personnes aux opérateurs comme Microsoft, Google ou d'autres qui proposent des outils aux enseignants.

La CNIL a considéré que ces bonnes intentions ne suffisent pas et qu'il faudrait un cadre juridique contraignant pour garantir la non utilisation des données scolaires à des fins commerciales, et pour empêcher l'hébergement de ces données en France ou en Europe.

Eric Leandri, le cofondateur de Qwant, rappelle qu'aux Etats-Unis, les géants du numérique n'ont pas hésité à promettre et àne pas tenir leur promesse en matière de respect des données privées des enfants :

Les mêmes qui ont dit qu'ils n’utiliseraient pas les datas, ont utilisé la data des enfants, se sont fait prendre, ont redit qu’ils ne le feraient plus et se sont faits reprendre encore

Qwant espère que le ministère de l’Education Nationale a bien entendu la mise en garde de la CNIL et va en tenir compte. Du coté de l’Education nationale, on assure que oui, et que les solutions alternatives à Google notamment, seront prises en considération à l'avenir.

Mais,"la différence entre un géant et une start-up c'est le temps passé à faire du lobbying, et ça change tout" rappelle Eric Léandri.

Page d'accueil du moteur de recherche pour les jeunes Qwant Junior
Page d'accueil du moteur de recherche pour les jeunes Qwant Junior / Qwant

En fait, dans la réalité, certaines académies ont de l'avance sur leur ministère, puisqu'elles cherchent par elles-mêmes toutes sortes de solutions et des partenariat avec les start-up françaises qui apportent de nouveaux outils pédagogiques.

Qwant a mis au point Qwant junior par exemple, moteur de recherches qui bien sûr ne collecte pas de données personnelles, mais qui, de plus, agrège des résultats adaptés au jeune public.

"Je comprends tout à fait qu'un ministère soit plus frileux quand il s'agit de travail avec des opérateurs plus petits, car il se demande si ils seront là dans quelques années, explique Eric Léandri, mais l'avantage avec l'Education Nationale ce que ce sont aussi les académies qui peuvent choisir. Ainsi Qwant junior a été adopté par l'Académie de Versailles ou celle de Toulouse. On fait 30 ou 40 pour cent des 6-12 ans, et personne ne se plaint. Qwant Junior permet d'avoir des résultats de recherche sans contenu adulte et sans violence. Et on améliore notre produit et nos résultats grâce aux retours des professeurs".

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