Plusieurs centaines de migrants et leurs soutiens ont occupé le Panthéon pendant plusieurs heures, vendredi. À la suite de l’intervention des forces de l’ordre, 21 étrangers en situation irrégulière ont été placés en rétention. Une manifestation a eu lieu samedi pour demander leur libération.

Les "Gilets noirs" ont été évacués du Panthéon au bout d'environ quatre heures.
Les "Gilets noirs" ont été évacués du Panthéon au bout d'environ quatre heures. © AFP / Kenzo Tribouillard

"Gilets noirs ! Gilets noirs", scandent plusieurs centaines de personnes au pied des colonnes corinthiennes et des hautes statues du Panthéon. L’image est forte. Ce vendredi, à la mi-journée, quelque 700 sans-papiers et leurs soutiens se sont introduits à l’intérieur du monument parisien, qu’ils ont occupé pendant près de quatre heures, avant d’être délogés par les forces de l’ordre. 37 personnes ont été interpellées, 21 étrangers en situation irrégulière conduits en centre de rétention. 

"Des papiers et des logements pour toutes et tous"

"On est des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages de la République française (…). On veut défendre notre dignité", peut-on lire sur le communiqué des organisateurs, qui réclament une rencontre avec le Premier ministre Édouard Philippe. "Il y a 200 000 logements vides à Paris, mais les nôtres dorment sous les échangeurs du périphérique", s'indignent-il.

Derrière ce mouvement des "Gilets noirs" se trouvent en fait plusieurs collectifs dont, au premier plan, celui de La Chapelle Debout, qui lutte pour "l'égalité des droits avec les exilés, les migrants, les demandeurs d'asile et les sans-papiers", ainsi que Droits Devant et quelques groupes anarchistes.

En juin, à La Défense, environ 200 "Gilets noirs" avaient envahi le hall du siège du groupe Elior, accusant l’entreprise de restauration collective "d’exploiter les immigrés sans-papiers". Une autre action avait eu lieu quelques jours plus tôt à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle.

Évacuation musclée 

Les collectifs ayant appelé à occuper le Panthéon vendredi ont dénoncé la violence de la réponse policière. Plusieurs personnes ont dû être prises en charge par des services de secours pour des plaies ou des malaises. Droit Devant annonce d'ailleurs porter plainte. 

"Très clairement, là encore, il y a eu un excédent de violence", estime Houssam, membre de La Chapelle Debout, rencontré lors de la manifestation de samedi. "C'est ce type de comportements qui a d'ailleurs justifié notre présence dans les rassemblements de Gilets Jaunes contre les violences policières", ajoute-t-il.

Une cinquantaine de personnes se sont réunies samedi à Paris pour réclamer la libération de sans-papiers conduits la veille en centre de rétention.
Une cinquantaine de personnes se sont réunies samedi à Paris pour réclamer la libération de sans-papiers conduits la veille en centre de rétention. © Radio France / Simon Cardona

Condamnations à droite et à l'extrême droite de l'échiquier politique

L'occupation du Panthéon a en tous cas suscité de nombreuses réactions à droite et à l’extrême droite. Chez Les Républicains, Eric Ciotti a dénoncé un "chantage" et une "profanation". Même tonalité du côté de la députée LR du Doubs, Annie Genevard. 

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