237 personnes ont été arrêtées, 144 placées en garde à vue, dont 15 mineurs , à l'issue du samedi noir des gilets jaunes à Paris. L'œuvre de casseurs, de "nouveaux black blocks" a recueilli l'assentiment de certains gilets jaunes.

Paris le 16 mars, affrontements entre forces de l'ordre et groupes violents
Paris le 16 mars, affrontements entre forces de l'ordre et groupes violents © AFP / Zakaria ABDELKAFI

Boutiques et restaurants pillés, incendies, habitants évacués in extremis pour échapper aux flammes, le niveau de violence de l'acte 18 des "gilets jaunes" n'a jamais été aussi fort.

Certains gilets jaunes disent comprendre le déchaînement de violence, notamment devant la mise à sac d'un symbole de richesse comme le Fouquet's. Pour eux, il s'agit de dénoncer la pauvreté, et s'inscrire dans une lutte de classe. 

Les arrestations de ce  samedi ont donné lieu à des gardes à vue pour 185 majeurs et 15 mineurs. Concernant les majeurs, il s'agit en très grande majorité d'hommes âgés de moins de 40 ans. Dans la moitié des cas, les gardes à vue visent des personnes de moins de 30 ans, selon le décompte fourni de source judiciaire.

"Les gens venaient taper sur la police et mettre en scène des actions violentes pour obtenir des images télévisées"

Pour Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, (invité de France Inter) "c'était la pire journée en terme de bilan des violences et dégradations. il y a eu un saccage systématique des magasins des Champs Elysées. Il y a eu deux incendies. Il y a eu des blessés chez les manifestants, les forces de l'ordre et les pompiers. Hier pour la première fois la vie de nos concitoyens a été mise en danger, une femme et son bébé ont failli être brûlés vifs, ce sont les policiers qui les ont sauvés", explique Emmanuel Grégoire.

Dans les 2e, 9e et 10e arrondissements de Paris , des affrontements entre casseurs et forces de l'ordre ont eu lieu tard dans la soirée, après la manifestation. 

Les gilets jaunes sont noyautés par des groupes violents

Pour Emmanuel Grégoire, "il est clair que sur les Champs Elysées, les gens venaient taper sur la police et mettre en scène des actions violentes pour obtenir des images télévisées".

Sylvain Boulouque, historien, spécialiste des mobilisations collectives, interrogé par franceinfo, "Cela fait un mois qu'on est au courant qu'il y aura une manifestation relativement agitée dans Paris ce samedi. Depuis un mois, sur tous les réseaux sociaux il était indiqué, clairement, qu'il y avait un rendez-vous le 15 mars pour "fêter" la fin du grand débat et semer le trouble".

La mouvance anticapitaliste d'extrême gauche, de nouveaux blacks blocks où il n'y a pas de contrôle de la violence

Les observateurs estiment que c'est la mouvance anticapitaliste d'extrême gauche qui était à l'oeuvre dans les rues de Paris, "mouvance à laquelle peuvent participer un certain nombre de "gilets jaunes", qui n'était pas au départ forcément politisés", explique Sylvain Boulouque. "Un autre phénomène qu'il faut noter c'est, d'une part un rajeunissement des "black blocks", et d'autre part _une utilisation de plus en plus forte de la violence_, qui n'est pas forcément au départ celle qu'utilisaient les "black blocks"

Sylvain Boulouque : "_Par exemple, si l'on prend l'incendie d'hier dans une banque. Le 1e mai, ils avaient failli mettre le feu à un Mac Donald's et là les autres "black blocks" avaient dit "non, non, il y a des gens qui habitent au-dessus c'est dangereux". Cela veut dire qu'on est passé à un degré supplémentaire [de violence], qu_'il y a des nouveaux "black blocks" qui n'ont pas encore les us et coutumes des vieux militants et donc qui sont dans une nouvelle forme et une escalade de la violence où il n'y a plus de contrôle de la violence même".

Emmanuel Macron a déclaré vouloir "des décisions fortes, complémentaires pour que cela n'advienne plus". "Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais très clairement, la journée d'aujourd'hui montre que sur ces sujets-là et ces cas-là, nous n'y sommes pas", a ajouté le chef de l'Etat.

Le nombre de Black Blocs est estimé à 1500 lors de l'acte 18 des Gilets jaunes à Paris
Le nombre de Black Blocs est estimé à 1500 lors de l'acte 18 des Gilets jaunes à Paris © Visactu / .
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