Le moteur de recherche européen Qwant met 210 000 euros sur la table pour aider à la protection des données. Premier rendez-vous lors de la "Nuit du Hack".

Qwant au salon Viva technology à Paris le 16 juin 2017
Qwant au salon Viva technology à Paris le 16 juin 2017 © Radio France / Qwant

La Nuit du Hack est la plus grande convention de Sécurité Informatique en France et elle aura lieu les 24 et 25 juin au New York Hotel de Disneyland Paris. A cette occasion, Qwant met 10 000 euros à disposition. 3 000 hackeurs sont invités à trouver des failles dans les systèmes informatiques d'entreprises.

"S’ils trouvent des failles ils toucheront de l’argent de ce fonds et ils expliqueront aux entreprises comment réparer leur système," explique Eric Leandri, le co-fondateur et directeur général de Qwant.

Ceci n'est qu'une première étape, une petite démonstration de ce à quoi ce fonds peut être utile.

A quoi doit servir ce fonds en réalité ?

Eric Léandri : Ce fonds qui est de 10 000 euros pour la Nuit du Hack au départ, vient de passer à 210 000 euros. Il s'agit de permettre à tous d’accélérer la réflexion et la recherche de solutions en matière de cybersécurité et de garantie de protection des données des utilisateurs. Que ce soit pour aider la Commission européenne à réfléchir ou les start-ups à s'armer contre le piratage.

Par quel type d'outils cela peut-il passer ?

Eric Léandri : Je pense à la Bounty Factory, grande plateforme totalement sécurisée sur laquelle 2500 hunters, c'est-à-dire des vigiles du numérique. Ils pourront répertoriés les failles des systèmes qu'ils repèrent et les solutions qu'il faut apporter. Il est important de prendre soin des start-up qui elle-même ont en charge les données des particuliers. Cela concerne tous types de sites, que ce soit celui de notre partenaire Acted, l’ONG de solidarité qui intervient auprès de 11 millions de personnes, ou un site d'une association de citoyens par exemple.

210 000 euros, n'est ce pas microscopique dans l'océan de la cybersécurité ?

Eric Léandri : Oui et non, car on peut dépenser 30 000 euros d’avocats ou de développement et trouver une solution qui marchera pour un centaine de start up ; idem pour une faille de sécurité découverte, qui concerne en fait des dizaines de sites. Une fois que l'on met la solution en partage sur la Bounty Factory, cela décuple les effets de cet investissement. Chacun d’entre eux aura droit à l’expérience des autres. Qwant dépense plus d’un million d'euros par an pour elle-même, et cette expérience et ce savoir profitent aujourd'hui à tous.

Est-ce que vous cassez le marché de la sécurité sur internet ?

Eric Léandri : Non on ne casse pas le marché, on l’ouvre pour plus tard. Les audits de sécurité qui testent les produits avant de les mettre en ligne, seront toujours utilisés. Par contre c’est après que nous intervenons, quand on apporte des modifications aux sites. Regardez ce qu'il s'est passé avec Yahoo ou Sony. Arrêtons de faire semblant de croire que tout va bien. Une fois qu’un système est lancé il faut continuer à le protéger. Les informations de santé des particuliers il faut qu’elles restent confidentielles, où qu'elles soient stockées. Les grandes firmes auront toujours les moyens d'acheter des audits de sécurité, mais nous allons rendre service aux plus petites entreprises, et on verra où cela nous mène.

Qwant a annoncé les détails de ce fonds de développement lors du salon Viva Technoly à Paris. Il a également communiqué sur son accord stratégique avec le constructeur de téléphones équitables et durables Fairphone, visant à offrir une solution éthique complète (matériel et logiciel) aux consommateurs soucieux de l’impact de leurs choix technologiques sur eux-mêmes et sur les tiers. Fairphone représente pour l'instant 130 000 smartphone en Europe.

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