L'ancienne gymnaste américaine est la première victime à avoir témoigné publiquement dans l'affaire Larry Nassar, médecin de l'équipe américaine de gymnastique accusé d'avoir abusé d'au moins 265 fillettes et adolescentes pendant plus de vingt ans.

Rachael Denhollander lors de l'audience du tribunal de Lansing (Michigan) le 24 janvier 2018
Rachael Denhollander lors de l'audience du tribunal de Lansing (Michigan) le 24 janvier 2018 © Maxppp / RENA LAVERTY/EPA/Newscom

La substitut du procureur général Angela Povilaitis a félicité le journal The Indianapolis Star d'avoir permis de briser le silence dans l'affaire Larry Nassar. 

Mais la juge Rosemarie Aquilina a surtout félicité  Rachael Denhollander, une ancienne gymnaste de d'avoir été la lanceuse d'alerte dans cette affaire. 

Grâce à vous, la parole s'est libérée. Vous avez créé une armée de survivantes. 

"Vous avez utilisé les bons mots. Votre demande pour une reconnaissance de la responsabilité de Larry Nassar a été entendue". 

Le tabloïd New York Post affirme 

Même si la juge a fait les gros titres en condamnant Nassar jusqu'à 175 ans de prison (...) la vraie héroïne c'est Rachael. 

Avocate, mère et combattante

Rachael Denhollander a 33 ans.  Elle est avocate, mère de trois enfants, et a entrainé des jeunes gymnastes. Elle n'avait jamais porté plainte devant la police, car elle ne pensait pas que l'affaire était suffisamment puissante en raison de la célébrité de Nassar. Jusqu'à ce jour de juillet 2016...

Un article qui change tout

Lorsqu'en 2016, le quotidien Indianapolis Star publie une enquête détaillant comment la fédération de gymnastique (USA Gymnastics) a gardé le silence pendant des années sur plusieurs cas d'entraineurs accusés d'abus sexuels (il n'est alors pas question de Larry Nassar), elle envoie un email au journal :

J'ai été agressée par Larry Nassar, le médecin de la fédération. J'avais 15 ans , et c'était sous couvert de traitement médical pour mon dos.

Rachael, gymnaste dans un club, a commencé à consulter le docteur Nassar en 2000 à l'Université publique du Michigan (Michigan State University) pour des problèmes de dos. 

Rachael a inspiré plus de 150 autres victimes

Lorsqu'elle rencontre les reporters su journal, elle leur dit à quel point elle souhaite par son témoignage donner de la voix aux autres victimes et les encourager à témoigner.  Et ça marche ! Au tribunal, 156 victimes ont été identifiées!

Le 29 août 2016, Rachael porte plainte à la police.

Dans une tribune publiée dans le New York Times le 26 janvier dernier, intitulée "le prix que j'ai payé pour avoir dénoncé Larry Nassar", Rachael décrit les actes dégradants que Nassar a effectué sur elle. Elle parle des années qu'il lui a fallu pour refaire confiance à quelqu'un, surtout au corps médical, y compris dans les salles d'accouchement lorsqu'elle a eu ses enfants. 

Rachael Denhollander a été la dernière victime à s'exprimer lors de l'audience à l'issue de sept jours d'un procès très dur devant le tribunal.  "Le verdict que vous allez rendre aujourd'hui enverra un message dans tout le pays. Alors je demande : 

Combien vaut une petite fille ? Combien vaut une jeune femme ?  

Sa déclaration a duré 36 minutes. Elle a été saluée par les applaudissements de la salle et une standing ovation.

LIRE : la déclaration complète de Rachael Denhollander devant le tribunal de Lansing, Michigan (en anglais)

Après avoir été jugé devant deux cours différentes, Nassar comparait pour un troisième procés devant un autre tribunal du Michigan. Jeudi dernier, le juge a annoncé qu'au total, 265 femmes ont été victimes du médecin.

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