Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", des centaines de radars automatiques ont été vandalisés le long des routes. Difficile, sur certains axes, de croiser un radar en état de fonctionnement. La sécurité routière se refuse à communiquer le moindre chiffre, mais la facture sera salée.

Un nombre très important de radar ont été détruits ou ont été rendus, comme ici, inopérants
Un nombre très important de radar ont été détruits ou ont été rendus, comme ici, inopérants © Radio France / Damien MEYER

Le long des routes françaises, 2 500 radars automatiques flashent quotidiennement les automobilistes. Combien sont-ils encore opérationnels ? Sur ce point, le gouvernement se refuse à donner le moindre chiffre afin de ne pas provoquer de surenchère.  Début décembre, le site radars-auto.com s'est essayé à ce recensement à partir d'articles de presse, dénombrant 250 radars totalement détruits et 65% des radars dégradés dans 21 départements.

Au micro de France Inter, Alexandre Rochatte, délégué adjoint à la Sécurité Routière estime que le coût total de ces dégradations atteindra "plusieurs dizaines de millions d'euros." Car si le nettoyage d'un tag ou le remplacement d'une vitre brisée coûte en moyenne 500 euros, l'État devra débourser jusqu'à 80 000 euros pour remplacer un radar fixe et jusqu'à 200 000 euros pour un radar tronçon, des dispositifs plus rares, mais coûteux. Heureusement, selon Alexandre Rochatte, la facture ne devrait pas peser directement sur le contribuable :

92% des recettes des radars sont réinjectés dans la sécurité routière, à travers l'amélioration des routes. L'argent qui servira à réparer les radars sera puisé dans cette même enveloppe. Il y aura donc moins d'argent pour améliorer les infrastructures routières.

Pas des "pompes à fric"

Si en visant les radars, les "gilets jaunes" visent le portefeuille de l'État, le délégué adjoint à la Sécurité Routière s'inquiète des conséquences de ces dégradation sur l'accidentalité, estimant que les conducteurs ressentent actuellement un "sentiment d'impunité" et roulent plus vite. 

Depuis que les radars automatiques ont été installés il y a 15 ans, 23 000 vies ont été épargnées sur les routes. 

"Les radars ne sont pas des pompes à fric, explique-t-il, mais des outils destinés à limiter la vitesse. Dégrader un radar, cela soulage peut-être sur le moment, mais on n'imagine pas qu'en faisant cela, on met aussi la vie des autres en danger."

La Sécurité Routière rappelle aussi qu'une dégradation de radar est un délit passible d'amende : 3 750  euros pour une dégradation légère, de 30 000 à 75 000 euros pour une dégradation lourde nécessitant le remplacement complet d'un radar. Le simple fait de recouvrir un radar d'un sac poubelle ou d'un gilet jaune est aussi considéré comme une infraction. Même si dans les Landes, un éleveur de canard qui avait occulté deux radars fixes a été relaxé en mars dernier.

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