Ce lundi se tiennent les premières rencontres nationales contre la radicalisation, à la Villette à Paris. Objectif : mobiliser les acteurs de terrain, notamment les maires.

Manuel Valls a présenté en mai dernier un plan de lutte contre la radicalisation
Manuel Valls a présenté en mai dernier un plan de lutte contre la radicalisation © AFP / Eric Feferberg

Après avoir visité ce week-end un centre de prévention de la radicalisation près de Tours, Manuel Valls va clore ce lundi après-midi les premières rencontres nationales contre la radicalisation, organisées à la Villette, à Paris. C'était l'un des nombreux engagements du plan d'action interministériel annoncé en mai dernier contre la radicalisation.

Objectif de cette rencontre pour le gouvernement : mobiliser les acteurs de terrain contre la radicalisation des jeunes. A l'heure actuelle, 13.000 personnes ont été signalées comme radicalisées à différentes niveaux, dont 2.000 mineurs. L'exécutif veut notamment mobiliser les mairies.

Les agents municipaux mis à contribution

Parmi celles qui ont été les premières à agir : Châlon-sur-Saône, l'une des premières à s'être dotée d'une cellule municipale sur la radicalisation. Sur la base d'indices recueillis par une trentaine d'agents municipaux, surnommés "agents capteurs", le maire, la préfecture et les Renseignements échangent des informations.

"Ce sont des agents qui, dans l'exercice de leurs fonctions, peuvent être amenés à repérer des indices de radicalisation. Ca peut être dans la tenue vestimentaire, les propos tenus, les habitudes alimentaires, etc. Il faut une addition de plusieurs signaux faibles pour que l'indice soit fort", explique Gilles Platret, maire (LR) de la ville.

"Porter un voile ce n'est pas de la radicalisation"

Il faut donc que les agents municipaux impliqués dans ce type de cellule soient bien formés pour éviter toute confusion. A Nice, l'association Entr'Autres forme des médiateurs sociaux, des policiers et des agents municipaux. "Porter un voile du jour au lendemain, ce n'est pas de la radicalisation", rappelle le président de cette associaton, Benjamin Erbibou.

"On leur apprend à affiner le regard et surtout à tendre l'oreille, car c'est dans le discours et pas dans les apparences qu'on peut véritablement déceler s'il y a radicalisation ou pas", ajoute-t-il. Les agents sont ensuite formés à proposer un discours différent.

Action sur Internet

Toutes les communes n'ont pas besoin d'une grosse organisation, mais plutôt de conseils et de vigilance de la part de tous. "Même ici, les discours de Daech peuvent toucher nos jeunes : nous avons eu des cas de jeunes filles d'origine chrétienne traditionnelle qui à un moment se sont fait embrigader, dans des villages", déplore Christian Gliech, maire de Wissembourg, d'où est originaire l'un des terroristes du 13 novembre. La radicalisation se faisant via internet, il faut aussi, selon lui, des échanges et des outils dédiés à la lutte contre ce phénomène.

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