Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, a fait savoir jeudi soir que la mairie de Paris allait proposer de confiner la capitale pendant trois semaines. Avant de tempérer son propos, vendredi : il ne s'agit que d'une "hypothèse" sur la table des discussions, a déclaré l'élu.

Emmanuel Grégoire lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi 26 février
Emmanuel Grégoire lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi 26 février © AFP / Alain Jocard

L'annonce a donné des sueurs froides à bon nombre de Parisiens. Jeudi soir, Emmanuel Grégoire, premier adjoint d'Anne Hidalgo, assurait que la maire de Paris comptait proposer un confinement strict de la capitale pour trois semaines. Avant de nuancer son propos, face à l'émoi suscité. Pour déclarer finalement vendredi matin qu'il ne s'agissait finalement que "d'une hypothèse" de travail. Explications.

Jeudi soir : un "durcissement du confinement"

Jeudi soir sur Franceinfo, Emmanuel Grégoire déplore la "situation attentiste" dans laquelle se trouve la capitale. Les indicateurs de l'épidémie s'y détériorent, avec un niveau d'incidence autour de 318 cas pour 100 000 habitants. Paris fait partie des 20 départements placés sous surveillance renforcée, où Jean Castex a annoncé des concertations avec les élus locaux afin "d'envisager des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque".

Mais le premier adjoint d'Anne Hidalgo ne veut pas d'un confinement le weekend. Une mesure "contraignante sur le plan sociétal et peu efficace sur le plan sanitaire". Emmanuel Grégoire poursuit : 

"L’une des options que nous souhaiterons mettre sur la table, c’est plutôt un confinement tout court. Ne faut-il pas mieux poser la question d’un durcissement du confinement à court terme de façon à redonner de l’oxygène et avoir la perpective, dans trois semaines, de tout rouvrir ?"

L'élu précise que cette proposition sera discutée au cours du weekend avec l'Agence régionale de Santé et la préfecture de police de Paris.

Dans la nuit de jeudi à vendredi : "à l'échelle de l'Ile-de-France"

Ces propos ne manquent pas de faire réagir. Interpellé sur Twitter sur la logique d'imposer un confinement à Paris seulement, Emmanuel Grégoire répond qu'il n'a "jamais été question de confiner Paris". "Cela n'aurait de sens au moins qu'à l'échelle de l'Ile-de-France", estime-t-il. 

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Vendredi 8h20 : le porte-parole du gouvernement émet des réserves

"Toute proposition mérite d'être étudiée",  déclare vendredi matin sur France Inter Gabriel Attal, interrogé sur le sujet. Avant d'émettre des des réserves. "J'entends très peu de scientifiques dire qu'en trois semaines on peut terrasser le virus et tout rouvrir", insiste le porte-parole du gouvernement, évoquant le cas de l'Allemagne, où un confinement de huit semaines n'a pas réussi à endiguer l'épidémie de Covid-19.

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Gabriel Attal rappelle également que ce type de décision doit se prendre en concertation avec la région. "Il n'y a pas de no man's land derrière le périphérique, il y a des mouvements importants entre les territoires". Et de souligner que la fermeture des écoles ne se ferait qu'en "ultime recours"

Vendredi 9h30 : une "hypothèse" et pas une proposition

Lors d'une conférence de presse organisé à la hâte vendredi matin, Emmanuel Grégoire tempère ses déclarations. Le confinement de Paris n'est pas une proposition, mais fait partie "des hypothèses qui sont sur la table et sur lesquelles nous devons échanger avec la communauté scientifique, la préfecture de police et l'ARS", insiste le premier adjoint d'Anne Hidalgo. 

"Nous ne proposons pas de mettre en oeuvre le confinement à Paris mais nous pensons que la politique de demi-mesure, avec des résultats très contestables, a une forme de fin de cycle".

Le discours se veut plus nuancé que la veille. "Ce n'est pas confinement ou pas confinement, il y a des degrés, des mesures très différentes à prendre. Le confinement de mars n'était pas le même que celui de novembre. Et je précise qu'il ne peut être un recours que si l'évolution de la situation sanitaires dans les jours prochains y conduisait". La Mairie de Paris est également favorable au maintien de l'ouverture des écoles, souligne-t-il.