Le "oui" au transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes l'a emporté d'une courte tête. Manuel Valls a immédiatement annoncé la reprise du projet... Prématurément ?

Un référendum consultatif pour l'aéroport controversé
Un référendum consultatif pour l'aéroport controversé © Maxppp / Franck Dubray

Selon les résultats définitifs communiqués par la préfecture, les partisans du projet ont recueilli 55,17% des voix, avec une participation de 51,08%. Mais sur la commune de Notre-Dame-des-Landes elle-même, le "non" est arrivé en tête avec 73,57% des 1 150 suffrages exprimés. En revanche, dans l'une des deux communes qui accueillent l'actuel aéroport, Saint-Aignan-de-Grandlieu, la proportion est pratiquement inversée.

Résultats du référendum sur Notre-Dame-des-Landes
Résultats du référendum sur Notre-Dame-des-Landes / Visactu

Quelque 967 000 électeurs du département étaient appelés à donner leur avis. Un avis "consultatif" selon la loi mais que François Hollande et Manuel Valls se sont engagés à suivre. Le Premier ministre a d'ailleurs rapidement annoncé la reprise du projet, plus ou moins gelé depuis plusieurs mois face au blocage total du site.

Dans un communiqué diffusé par Matignon, le chef du gouvernement précise que "les travaux préparatoires à la réalisation du nouvel aéroport s'engageront dès l'automne prochain, dans le plein respect des réglementations nationale et européenne. Les personnes qui occupent illégalement le site du nouvel aéroport devront partir d'ici le début des travaux. L'autorité de l’État et les lois de la République s'appliqueront à Notre-Dame-des-Landes comme partout ailleurs dans le pays".

"Une étape dans la lutte pour un avenir sans aéroport"

Un engagement qui ne sera pas simple à tenir, et pour cause. Les "zadistes" qui occupent la zone du futur aéroport avaient annoncé très tôt que le résultat de la consultation n'aurait aucune influence sur leur mobilisation, et qu'ils ne partiraient pas quel que soit le résultat.

Position confirmée dimanche soir dans un communiqué du mouvement anti-aéroport, après les résultats du vote : "Le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de mensonges d’État et radicalement inéquitable. Il ne s'agissait pour nous que d'une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes."

Ils appellent à un rassemblement "massif" sur place les 9 et 10 juillet.

Sur le papier, une victoire du "non" aurait pu entraîner des conséquences financières lourdes pour l’État, le groupe Vinci, dont la filiale Aéroports du Grand Ouest (AGO) a obtenu la concession, entendait en effet obtenir des compensations en cas d'abandon du projet. La convention passée entre l’État et AGO en décembre 2010 prévoit le versement d'indemnités au concessionnaire en cas de résiliation du contrat. Dans les faits, ces indemnités pourraient être encore à l'ordre du jour, et ce malgré la victoire symbolique du "oui".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.